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L'avocat de Cosby s'en prend à la victime présumée, "un escroc"

L'avocat de Cosby s'en prend à la victime présumée,
Bill Cosby (c) arrive au deuxième jour de son procès pour agression sexuelle, à Norristown, le 10 avril 2018DAVID MAIALETTI / Staff Photogra

Le nouvel avocat de Bill Cosby a attaqué mardi le second procès de l'acteur américain bille en tête et s'en est pris frontalement à la victime présumée, accusée d'être "un escroc" qui s'est enrichi sur le dos d'un homme blessé.

Comme il l'avait laissé entendre, Tom Mesereau a adopté la même ligne de défense que pour un autre célèbre client, le chanteur américain Michael Jackson, dont il avait obtenu l'acquittement spectaculaire en 2005.

D'un côté, une célébrité, riche, de l'autre, un anonyme qui flaire la bonne affaire.

"Que veut-elle de Bill Cosby? ", a lancé aux douze jurés le conseil a l'ample chevelure gris-blanche au sujet d'Andrea Constand (44 ans), victime présumée du comédien. "Vous connaissez déjà la réponse: de l'argent, de l'argent et encore plus d'argent".

L'ouverture de Tom Mesereau intervenait au lendemain de la révélation publique du montant versé, en 2006, par Bill Cosby à Andrea Constand, soit 3,38 millions de dollars, pour mettre fin à une procédure civile intentée contre lui.

Fin 2015, le procureur du comté de Montgomery, Kevin Steele, avait décidé de rouvrir le dossier, qui n'avait donné lieu à aucune poursuite pénale malgré le dépôt d'une plainte en 2005.

Symbole de promotion sociale noire et de droiture morale jusqu'à son inculpation en décembre 2015, Bill Cosby est accusé d'avoir agressé sexuellement Andrea Constand, ancienne responsable d'une équipe de basket universitaire, à son domicile en janvier 2004, après lui avoir fait avaler un puissant sédatif.

"Qu'avez-vous dans ce dossier ? Un escroc", a appuyé Tom Mesereau, dans son propos liminaire, au deuxième jour du procès du créateur de la série "The Cosby Show" (1984-1992), qui pourrait durer un mois.

"Elle est aujourd'hui millionnaire parce qu'elle a réussi son coup", a expliqué, dans le tribunal de Norristown (Pennsylvanie), l'avocat californien, qui a aussi compté parmi ses clients le boxeur Mike Tyson.

- "Il se sentait seul" -

Pour étayer sa démonstration, Tom Mesereau compte également s'appuyer sur le témoignage d'une ancienne collègue d'Andrea Constand à l'université de Temple, selon laquelle l'ancienne basketteuse se serait vantée de pouvoir "prendre au piège une célébrité".

"Follement attirée par sa célébrité et sa fortune", selon l'avocat, Andrea Constand a manipulé un homme moralement amoindri, qui ne s'était pas remis de la mort de son fils Ennis, en janvier 1997, tué d'une balle dans la tête à Los Angeles lors d'un vol à main armé.

"Il se sentait seul et était perturbé", a décrit Tom Mesereau. "Et il a commis la terrible erreur de confier à cette personne ce qu'il vivait à l'époque".

Face à cette entreprise de décrédibilisation, l'accusation veut mettre en évidence une pathologie et un modus operandi criminel répété maintes fois par Bill Cosby sur des décennies.

Plus de 60 femmes ont accusé Bill Cosby d'avoir abusé sexuellement d'elles au fil des années, même si le dossier d'Andrea Constand --qui aura 45 ans mercredi-- est le seul dont les faits ne soient pas prescrits.

Mardi, l'accusation a interrogé la première des cinq victimes présumées que le juge Steven O'Neill a accepté de voir citées à témoigner, en plus d'Andrea Constand.

Assise à la droite du magistrat, Heidi Thomas a raconté comment, actrice aspirante, elle avait été conduite, en 1984, dans un ranch isolé de Reno (Nevada) où l'attendait Bill Cosby.

Après avoir bu une "gorgée" de vin à la demande insistante du comédien, elle avait perdu le contrôle d'elle-même, au point de n'avoir que de rares souvenirs des quatre jours suivants.

Elle s'est néanmoins rappelée très clairement s'être éveillée sur un lit alors que Bill Cosby tentait de lui faire faire une fellation. Elle a longtemps tu l'incident à son agent et ses parents, se sentant fautive.

La description du mode opératoire correspondait, en bien des points, à celui décrit par Andrea Constand concernant son agression présumée.

S'il est déclaré coupable, Bill Cosby --qui a toujours assuré qu'Andrea Constand était consentante-- risque jusqu'à trente ans de prison. Quoi qu'il arrive, sa réputation est déjà ternie à jamais.

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