L'avortement autorisé dans la plupart des pays de l'UE

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L'avortement, qui fera l'objet d'un référendum en Irlande fin mai, est autorisé, de façon plus ou moins restrictive, dans tous les pays de l'Union européenne, sauf Malte.

- Les pays qui autorisent l'IVG -

La majorité des pays membres de l'UE autorisent l'IVG jusqu'à 10 ou 12 semaines de grossesse (France, Belgique, Danemark, Finlande, Grèce, Hongrie, Luxembourg et Portugal notamment) et jusqu'à 24 semaines aux Pays-Bas ainsi qu'au Royaume-Uni. La Suède l'autorise jusqu'à 18 semaines.

Parmi les pays de tradition catholique, l'Italie autorise l'IVG jusqu'à trois mois pour raisons médicales ou sociales, raisons suffisamment vagues et larges pour inclure la plupart des cas.

En Espagne, en vertu d'une loi votée en 2010, les femmes peuvent avorter jusqu'à 14 semaines de grossesse. En septembre 2014, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a abandonné un projet de loi controversé qui interdisait l'avortement sauf dans quelques cas - risque vital pour la vie ou la santé de la mère, viol - et excluait les cas de malformation du foetus comme motif valable. A la place, l'exécutif a proposé une limitation de l'IVG pour les mineures, réforme adoptée en septembre 2015.

- Les pays plus restrictifs -

En 2013, l’Irlande a quitté le cercle très restreint des pays européens où l'avortement est totalement interdit, mais ne l'autorise que si la poursuite de la grossesse fait courir à la femme un "risque réel et substantiel" pour sa vie. Le viol, l'inceste ou la malformation du fœtus ne sont pas des raisons légales d'avorter, et une telle intervention constitue un crime passible d'une peine de 14 ans de prison. Le gouvernement a annoncé lundi la tenue fin mai d'un référendum sur l'avortement.

En Irlande du Nord également, la législation n'autorise les IVG qu'en cas de menace pour la vie de la mère, les contrevenantes risquant une peine d'emprisonnement à vie. En février 2016, l'assemblée a voté contre un assouplissement de la législation. Le gouvernement britannique finance désormais les frais d'avortement en Angleterre des Nord-Irlandaises, ainsi que le voyage.

En Pologne, l'avortement n'est permis qu'en cas de viol, d'inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation irréversible du foetus. Dans les deux premiers cas, l'intervention est autorisée jusqu'à la 12e semaine, dans les deux autres jusqu'à la 24e semaine. Le 10 janvier dernier, le parlement dominé par les conservateurs a envoyé en commission un texte qui supprime la possibilité d'interrompre la grossesse en cas de malformation du fœtus. Déjà, à l'automne 2016, ils avaient tenté de limiter ce droit en ne l'autorisant que si la vie de la mère était menacée, mais y avaient finalement renoncé sous la pression de manifestations.

A Chypre, l'avortement est illégal et ne peut être pratiqué que si deux médecins certifient que la grossesse présente un risque pour la femme ou l'enfant à naître. Il est toléré en cas de viol et d'inceste.

- Interdiction totale à Malte -

L'avortement reste totalement illégal à Malte où, en cas d'infraction, la peine encourue va de 18 mois à trois ans de prison.

En dehors de l'UE, trois états européens sont dans le même cas : Andorre, le Vatican et Saint-Marin. Dans le reste du monde, c'est le cas d'une quinzaine de pays, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS): le Salvador, le Nicaragua, le Surinam, Haïti et la République dominicaine sur le continent américain, les Philippines et les îles Palaos en Asie, le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Gabon, le Congo, Madagascar, Djibouti et la Mauritanie en Afrique.

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