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L'Azerbaïdjan "diffamé" sur France 2? La cour d'appel de Versailles tranche mercredi

L'Azerbaïdjan
La journaliste de France télévisions Elise Lucet à Paris le 13 octobre 2017JOEL SAGET

L'Azerbaïdjan, qualifié de "dictature" par Elise Lucet dans l'émission de France 2 "Cash Investigation", a-t-il été diffamé? La cour d'appel de Versailles doit rendre mercredi sa décision dans ce dossier.

L'ex-république soviétique du Caucase avait porté plainte peu après la diffusion le 7 septembre 2015 d'un reportage sur les coulisses des voyages présidentiels de François Hollande. La présentatrice Elise Lucet avait introduit le sujet en présentant le régime de Bakou comme une "dictature, l'une des plus féroces au monde".

Le ministère public a requis à l'audience le 13 juin un abandon de la procédure ou, à défaut, une relaxe de France Télévisions et de Mme Lucet, ainsi que de l'auteur du reportage, le journaliste Laurent Richard, qui avait qualifié le chef de l'Etat caucasien de "dictateur" et de "despote" dans une émission de radio.

En première instance, le tribunal correctionnel de Nanterre avait jugé irrecevable la plainte azerbaïdjanaise, estimant qu'un Etat n'était pas un particulier et qu'il ne pouvait donc attaquer en diffamation, en vertu de la loi sur la presse de 1881.

"Si la cour d'appel considérait qu'il ne peut y avoir d'infraction de diffamation si un Etat est victime, ce serait un déni de justice et la porte ouverte à toutes les insultes, y compris antisémites et racistes, à l'égard des Etats", a estimé Olivier Pardo, avocat du plaignant, récemment interrogé par l'AFP.

Juliette Félix, avocate de France Télévisions et d'Elise Lucet, a dit pour sa part attendre de la cour qu'elle "réaffirme que la presse demeure entièrement libre de critiquer l'action et la politique des Etats".

Pour Virginie Marquet, avocate de M. Richard, l'enjeu est "énorme": il ne faut pas "permettre à un Etat étranger de s'immiscer dans notre presse française en exportant sa censure", a-t-elle estimé.

L'Azerbaïdjan occupe la 163e place sur 180 dans le classement de la liberté de la presse établi en 2018 par l'ONG Reporters sans frontières.

Selon cette organisation, c'est la première fois qu'un Etat étranger poursuit un journaliste sur le sol français.

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