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"Ça s'est joué à 15-30 minutes près": où en est l'enquête sur l'incendie de Notre-Dame de Paris?

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Ravagée lundi par un incendie, apparemment accidentel, Notre-Dame de Paris a été défigurée mais ne s'est pas totalement effondrée grâce à l'intervention des pompiers qui sont parvenus à maîtriser les flammes et sauver la structure de l'édifice, qu'Emmanuel Macron a promis de "rebâtir".

"Le péril incendie est maintenant derrière nous, même s'il y a toujours des surveillances mises en place pour éviter que des foyers ne repartent. L'incendie s'est terminé. Maintenant, la préoccupation principale des secours et du préfet de police de Paris qui coordonne l'ensemble des opérations, c'est la sécurité et la sûreté bâtimentaire. Donc, c'est s'assurer que l'édifice ne va pas connaître de faille", a expliqué Laurent Nuñez, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, suite à la réunion qui s'est tenue ce mardi matin entre plusieurs experts, dont les architectes de la préfecture de police de Paris, les architectes des bâtiments de France. Quelques vulnérabilités ont été identifiées. "Ces vulnérabilités se trouvent au niveau de la voûte et d'un pignon qui doit être sécurisé. Ce qui a conduit à l'évacuation de cinq immeubles d'habitations pendant 48 heures pour sécuriser ce pignon. "Globalement, la structure tient bon", a précisé le secrétaire d'État avant de remercier les pompiers "qui ont sauvé l'édifice". "Nous savons, depuis ce matin, que cela s'est joué à 15 minutes près", a ajouté l'homme politique.

Franck Riester, ministre de la Culture, a expliqué les grandes peintures seront retirées vendredi matin. "Il n'y a pas de dommages liés à l'incendie, mais plûtot des dommages liés aux fumées. Nous allons les transporter en sécurité dans les réserves du Louvre où elles seront déshumidifiées, où elles seront protégées, conservées puis restaurées", a détaillé le ministre.


"Les procédures de sécurité "ont été respectées"

Les procédures de sécurité sur le chantier de Notre-Dame de Paris "ont été respectées" a déclaré mardi un des responsables du chantier des échafaudages de la cathédrale sur BFMTV, au lendemain de l'incendie qui a ravagé l'édifice.

"Tout ce que je peux vous dire pour le moment, c'est qu'au moment du départ de l'incendie, absolument aucun des salariés de ma société n'était présent sur site", a déclaré Julien Le Bras. "L'ensemble des dispositifs et procédures de sécurité ont été respectés", a-t-il affirmé, précisant que l'ensemble des collaborateurs de sa société, Europe Échafaudage, participaient à l'enquête "sans aucune réserve".


"Cinq entreprises intervenaient sur le site"

Le procureur de la République de Paris a indiqué mardi que la piste accidentelle était privilégiée après l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, ajoutant que "rien ne va dans le sens d'un acte volontaire".


"Cinq entreprises intervenaient sur le site. Dès aujourd'hui, ont débuté des auditions d'ouvriers d'employés de ces entreprises. Une quinzaine sont prévues. Ils sont une quinzaine à être intervenus, à avoir été présents hier", a précisé Rémy Heitz lors d'un point presse devant Notre-Dame, ajoutant que la direction de la police judiciaire parisienne mobilisait près de 50 enquêteurs sur cette enquête.



La piste d'un départ de feu accidentel

Le feu a pris peu avant 19H00 mais il leur aura fallu plusieurs heures pour venir à bout des flammes qui leur ont fait craindre à un moment de "voir la structure s'effondrer", selon le lieutenant-colonel Gabriel Plus, leur porte-parole. Malgré tout, le "bilan matériel est dramatique" ajoute-t-il avant de détailler: "l'ensemble de la toiture est sinistrée, l'ensemble de la charpente est détruite, une partie de la voute s'est effondrée, la flèche n'existe plus".

La piste d'un départ de feu accidentel depuis le chantier de rénovation en cours sur le toit de la cathédrale "retient l'attention des enquêteurs en l'état des investigations", a précisé une source proche du dossier. Les ouvriers du chantier étaient entendus dans la nuit par les enquêteurs, selon le parquet de Paris.


Un chantier d'une grande ampleur

L'incendie semble être parti au niveau d'échafaudages installés sur le toit selon le parquet de Paris. Selon des informations communiquées par Le Monde ce mardi, une quarantaine d'enquêteurs de la brigade criminelle sont actuellement mobilisés. Le quotidien rapporte que, pour les besoins de l'enquête, la police judiciaire pourrait avoir recours à des drones. L'objectif est de déterminer d'éventuels manquements et négligences. "La chaîne de déclenchement de l’alarme incendie, notamment, va devoir être remontée, afin de comprendre comment elle s’est mise en place", écrit le quotidien. 

Il y a quelques semaines, un chantier d'une grande ampleur avait été lancé à l'arrière de la cathédrale. Comme le rapportent nos confrères de RTL France, ce chantier vise, dans un premier temps à restaurer les 16 statues de cuivre. Depuis ce lundi, les ouvriers avaient attaqué la rénovation de la flèche. Le média français rapporte que la rénovation de la cathédrale devait durer une dizaine d'années. 

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