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L'homme accusé d'avoir giflé Marie Laguerre en pleine rue jugé jeudi à Paris

L'homme accusé d'avoir giflé Marie Laguerre en pleine rue jugé jeudi à Paris
Marie Laguerre à Paris, le 1er août 2018ALAIN JOCARD
femme

Les images d'un homme qui avait giflé une jeune femme, Marie Laguerre, en pleine rue à Paris avaient fait le tour du monde au coeur de l'été: l'auteur présumé de cette agression sera jugé jeudi devant le tribunal correctionnel.

Cet homme de 25 ans a déjà été présenté à la justice fin août, mais le procès avait été renvoyé, le tribunal ayant demandé une expertise psychiatrique du prévenu. Il avait alors été placé en détention provisoire.

Poursuivi pour "harcèlement sexuel" et "violences aggravées", il a reconnu lors de cette audience être l'homme sur la vidéo de l'agression.

Cette affaire a éclaté le 25 juillet, lorsque Marie Laguerre, une jeune femme de 22 ans, a publié sur Facebook un billet racontant son agression, images de vidéosurveillance à l'appui. Alors qu'elle rentrait chez elle, un homme lui a adressé bruits humiliants et remarques obscènes. Après lui avoir répondu "Ta gueule", l'homme lui a alors jeté un cendrier, avant de la gifler violemment devant des témoins, en pleine journée.

Les images ont suscité l'indignation, aussi bien en France qu'à l'étranger, sur fond de débat sur le harcèlement de rue.

Le prévenu a affirmé fin août au tribunal avoir dit à Marie Laguerre que le rouge lui allait "super bien", puis s'être énervé parce qu'elle lui "a mal répondu". Cette diplômée d'une école d'ingénieur dément avoir reçu "un compliment".

"Je m'excuse pour la gifle qui a été mise", a dit cet homme à la victime. "J'aurais dû lui donner une meilleure leçon de vie, juste avec des mots", a-t-il ajouté, suscitant l'exaspération de Marie Laguerre.

Le prévenu, qui est sans domicile fixe et qui est arrivé en France de Tunisie à 8 ans, a été condamné huit fois par la justice, dont trois pour des faits de violence, notamment contre sa mère. Il a déjà passé plusieurs années en prison.

Le tribunal a ordonné une expertise psychiatrique. "Il n'y a pas d'élément dans le dossier permettant de comprendre" pourquoi il a été placé trois semaines en août dans un hôpital psychiatrique, a regretté la présidente.

Pour son avocate, Karima Tadjine, il s'agit d'un "dossier classique en comparution immédiate", marqué par "une surmédiatisation". "Il ne faut pas lui donner plus d'importance uniquement parce que des vidéos sont passées en boucle. Elles ne doivent pas peser sur mon client", avait-elle déclaré à la presse à l'issue de la première audience.

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