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La France confrontée au même mal que la Belgique: la dispersion des voix vers les extrêmes

La France confrontée au même mal que la Belgique: la dispersion des voix vers les extrêmes
 
 

Après le verdict des élections législatives dimanche, la France se retrouve avec un gouvernement qui n’a pas de majorité absolue à l’Assemblée Nationale. La France rejoint de nombreux pays européens, en proie aux mêmes difficultés : le désamour pour les partis traditionnels et la tentation du vote extrême ou radicaux explique notamment ces difficultés. En France, en Belgique et chez d’autres voisins.

Lors de sa déclaration hier soir devant les Français, Emmanuel Macron a expliqué qu'il faudrait désormais "gouverner différemment". Après le verdict des élections législatives dimanche, la France se retrouve avec un gouvernement qui n’a pas de majorité absolue à l’Assemblée Nationale, l’équivalent de notre chambre des représentants. 

Le désamour pour les partis traditionnels (modérés, centristes, libéraux, socialistes et écologistes) et la tentation du vote extrême (partis xénophobes) ou radicaux (anticapitalistes) explique notamment ces difficultés.

La France pas seule 

La France est loin d’être la seule à souffrir de cette dispersion. La Belgique a actuellement le gouvernement le plus pléthorique de son histoire (7 partis nécessaires pour obtenir une majorité), pour les mêmes raisons : les pertes de voix des partis traditionnels vers des formations populistes ou radicales (PTB, VB, N-VA). Si on revotait demain, 9 partis seraient peut-être nécessaires, pour obtenir une majorité.

En Italie, un gouvernement d’Union Nationale regroupant 9 partis a été nécessaire pour diriger le pays. S’y retrouvent : des partis de gauche, de centre, de droite, des antisystèmes et même l’extrême droite.

Le précédent gouvernement allemand (Merkel 4) a mis 6 mois à se mettre en place, les deux partis dominant la vie politique du pays depuis un quart de siècle ayant réalisé le plus mauvais score de leur histoire.

En Espagne, il a fallu voter 4 fois en 4 ans pour enfin parvenir à former un gouvernement majoritaire. Ici aussi, les pertes des deux partis classiques (PSOE et PP) combinés à l’émergence de partis citoyens, radicaux, ou d’extrême droite (Ciudadanos, Podemos, Vox). 

Quelle conséquence pour le fonctionnement de nos démocraties ? 

Les difficultés à réunir une majorité entrainent d’abord une période de formation très longue des gouvernements. Parce qu’il faut convaincre des partenaires de monter au pouvoir, donc faire des concessions pour sceller des compromis.

La dispersion du pouvoir force également à faire des coalitions plus larges, avec un nombre de partis parfois inédit où chaque composante peut à tout moment faire tomber le gouvernement, et où il y a parfois des grands écarts idéologiques.

Une réflexion en cours en Belgique 

Pour éviter de battre records sur records, quand il s’agit de former ses gouvernements, les partis politiques belges viennent de lancer, depuis une semaine, une grande réflexion à la Chambre.

Dans la commission constitution et renouveau démocratique, on va notamment comparer les processus imaginés à l’étranger. Et tester des formules évoquées ces dernières années : associer au gouvernement les majorités régionales, introduire un délai maximal de formation de gouvernement avant de convoquer de nouvelles élections, etc. 


 

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