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La mère de Kenya, la fillette gravement blessée lors d'un rodéo urbain à Pontoise, témoigne: "C’est vraiment un cauchemar"

La mère de Kenya, la fillette gravement blessée lors d'un rodéo urbain à Pontoise, témoigne: "C’est vraiment un cauchemar"
 
 

La fillette de 7 ans grièvement blessée par un motard en plein rodéo urbain début août à Pontoise, dans le Val-d'Oise, est sortie lundi du coma. Mais Kenya risque de garder de lourdes séquelles. Sa mère a décidé de porter plainte contre l’Etat pour inaction. Bennérose a délivré un témoignage poignant à nos confrères de BFMTV.

Après dix jours de coma, Kenya a repris connaissance il y a deux jours. Gravement blessée par un motard en plein rodéo urbain, la jeune fille de 7 ans a été victime d’un important traumatisme. Après une lourde opération, elle risque de conserver des séquelles importantes.

"Son état s'est amélioré mais nécessite toujours des soins médicaux", indique Me Raphaël Cabral, l’avocat de la famille, dans un communiqué. Au moment des faits, le parquet de Pontoise avait indiqué qu'elle risquait de conserver "des séquelles neurologiques lourdes".

Le vendredi 5 août, vers 21h15, la petite fille "jouait à chat" avec un garçon de 11 ans sur une esplanade, dans le quartier des Hauts Marcouville à Pontoise, lorsqu'ils ont été percutés par un motard de 18 ans qui a pris la fuite.

J’ai juste vu la moto qui fonce vers Kenya et le fils de ma copine

Encore sous le choc, la maman de Kenya a raconté les faits à nos confrères de BFMTV. "On sort, on marche, c’est à côté de la maison. Puis, je rencontre une copine à moi avec son fils. On est en train de marcher dans le quartier et, tout à coup, je n’ai même pas entendu le son d’une moto qui arrivait. J’ai juste vu la moto qui fonce vers Kenya et le fils de ma copine", témoigne Bennérose.

Violemment percutés, les deux enfants sont projetés au sol. "Du coup, je vois qu’ils sont allongés par terre sans bouger. J’ai commencé à crier : "Au secours ! Au secours ! Aidez-moi". Au même moment, il y a le copain du garçon (le motard) qui arrive et il a dit au garçon : "Partez ! Partez, tout de suite !". Et là, lui (le motard) écoute son copain et il a fui. Il nous a laissés avec les enfants allongés par terre sans rien nous dire. Et puis, on a commencé à crier (…) Quelqu’un a appelé les pompiers. J’étais en train de pleurer", ajoute la maman de Kenya.

Le motard de 18 ans connu de la police 

Présentant un traumatisme crânien, la fillette est opérée à l'hôpital Necker à Paris. Le garçon, souffrant d'une fracture du tibia-péroné a été hospitalisé à Amiens.
Le lendemain, en début d'après-midi, le motard, un jeune homme de 18 ans, s'est présenté au commissariat avec son avocat et a reconnu les faits. Il est bien connu des services de police, notamment pour des faits de "conduite sans permis".

Il a été écroué le 8 août pour "blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois" aggravées par deux circonstances, le délit de fuite et le manquement à des obligations de sécurité.

"Cela reste toujours dans ma tête"

Pour Bennérose, c’est très difficile de surmonter le traumatisme de cet accident. "Quand je pense à ça, je ne sais pas quoi dire. J’ai l’impression que c’est moi qui ai vécu le choc. Cela reste toujours dans ma tête. Quand je pense à ça, c’est vraiment un cauchemar", confie la maman à BFMTV.

La maman décide de porter plainte contre l'Etat

Bennérose et son avocat ont décidé de porter plainte contre l’Etat français pour inaction face aux délinquants. "Quand je sors du travail, je les vois tout le temps faire ça. Il y a un supermarché à côté. Là où ils ont renversé ma fille, ce n’est pas un lieu pour faire ça. C’est l’espace pour les enfants pour jouer. C’est à la police de faire son travail parce que si cela continue comme ça, il y aura tout le temps des accidents et des victimes", estime la mère de Kenya.

Malgré cet accident, les rodéos urbains continuent dans le quartier. Ce qui engendre la colère de Bennérose et son intention d’agir pour tenter d’y mettre un terme. "Une semaine après, ça a repris comme si de rien n’était. Dans ce drame, il y a des responsabilités individuelles, mais aussi collectives, avec un État qui refuse de mettre fin aux rodéos de manière durable et pérenne", a dénoncé l’avocat de la famille Me Raphaël Cabral.

Un phénomène répandu mais illégal

Le drame a replacé au centre de l'actualité ce phénomène répandu mais illégal. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait demandé une "intensification des contrôles" sur tout le territoire national "pour lutter contre ces actes criminels".

Une loi de 2018 renforçant les sanctions contre les auteurs de rodéos motorisés prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison.


 

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