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Larcher travaille à "desserrer l'espace" politique situé entre Macron et Le Pen

Larcher travaille à
Gérard Larcher le 24 juillet 2019 à ParisMartin BUREAU

Le président du Sénat Gérard Larcher sillonne la France cet été pour rebâtir un projet pour "la droite et le centre", faisant le pari d'un espace à conquérir entre la majorité macroniste et le Rassemblement national, en s'appuyant sur les maires, "clés de voûte de la République".

"Limiter la démocratie au débat entre le président de la République, qui naturellement fait partie des valeurs démocratiques, et la famille Le Pen, moi je ne peux pas m'y résoudre. Je pense que j'ai une responsabilité. Il faut trouver l'espace et desserrer en quelque sorte cet espace", explique-t-il dans un entretien à l'AFP: "Je pense que la trame des élus locaux a envie que cet espace soit ouvert pour repartir dans un projet où l'on retrouve la confiance des Français".

A moins de huit mois des municipales, et alors que le casse-tête des investitures occupe les partis, le président LR de la chambre incarnant les territoires prend très régulièrement le pouls des élus locaux. Il dit avoir visité 56 départements depuis octobre 2017.

"Est-ce qu'il n'y a pas une nécessité démocratique" à trouver des alternatives au duel LREM-RN dessiné par les élections européennes?, interroge le sénateur des Yvelines. Le défi, selon lui, s'adresse également aux "sociaux-démocrates": "Je ne suis pas sûr que Bernard Cazeneuve et d'autres ne se posent pas la même question. Quel est le grand risque d'un système binaire ? C'est qu'un soir, à 20 heures 15, on se réveille italiens", ajoute-t-il en allusion à la coalition entre antisystèmes et populistes de droite au pouvoir à Rome.

- "France Territoire" -

Or pour le sénateur des Yvelines, "les seuls qui ont encore la confiance et même qui ont retrouvé encore plus de confiance qu'il y a un an, ce sont les maires".

Les "conventions" qu'il organise depuis juin, après l'échec cuisant de son parti aux Européennes -8,48%, pire score de la droite à un scrutin national- visent à refonder un projet pour la droite et le centre. L'idée force, dit-il, "c'est de repartir de l'expérience du terrain, inverser la verticalité".

"Je considère que le pouvoir exécutif, mais aussi nos formations politiques depuis des années, sont verticaux, ils considèrent que ce qu'on pense en haut est naturellement bien en bas".

"Il faut partir de l'expérience du territoire", s'enthousiasme-t-il: "J'ai vu comment le département de la Manche est en train de régler la désertification médicale. Ça, ça redonne de l'espoir! Je ne dis pas que c'est simple (mais) il y a des symboles : la santé, c'est un élément de confiance dans le territoire".

M. Larcher insiste sur sa volonté de fédérer au-delà de LR, en incluant "ceux qui ont fait le choix, il y a longtemps, ou plus récemment, de prendre des distances": Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, ou Dominique Bussereau. Tous, relève-t-il, pensent comme lui "que la solution binaire est très dangereuse pour la démocratie".

L'initiative, baptisée France Territoire, débouchera sur une convention le 10 octobre "avec une restitution". Ce sera l'avant-veille de l'élection du futur président de LR, pour laquelle Gérard Larcher refuse, du fait de sa fonction, de prendre parti entre Christian Jacob, Guillaume Larrivé et Julien Aubert, les trois candidats en lice.

- Le moral des maires "plutôt meilleur" -

Il y aura "un référentiel, des propositions", dont la traduction fera l'objet d'une décision collective en septembre.

"J'ai fait le choix de rester dans la famille et d'essayer de contribuer au renouveau de ma famille politique", souligne M. Larcher. "Je pense qu'elle traverse une passe très, très difficile, mais qu'en même temps, elle peut être un des piliers, pas le seul" de la reconstruction, qui insiste: "J'ai toujours pensé que c'était avec le centre".

Quant au projet de loi "engagement et proximité", qui vise à faciliter l'exercice du mandat de maire et favoriser l'engagement des citoyens, M. Larcher fait valoir qu'il est très largement d'inpiration sénatoriale.

"Je pense qu'on pourra avoir un texte pragmatique, concret, qui redéfinit les relations communes-intercommunalités sans faire un nouveau big bang, qui redonne une place centrale au maire, y compris aux maires des plus petites communes, et qui soit plus souple en matière d'exercice des compétences".

"Il y a un an", rappelle-t-il, "tout le monde titrait sur la déprime des maires, (or) la fin d'année leur a redonné un rôle central. Ils ont été vraiment les clés de voûte de la République et je sens qu'aujourd'hui le moral est plutôt meilleur".

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