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Le Défenseur des droits "espère" des mesures sur l'usage des LBD

Le Défenseur des droits
Jacques Toubon, à l'Elysée, le 30 janvier 2018Ludovic MARIN

Le Défenseur des droits Jacques Toubon a dit jeudi "espérer que le gouvernement prendra des dispositions" sur l'usage des lanceurs de balles de défense (LBD), utilisés par les forces de l'ordre notamment lors des manifestations de "gilets jaunes", "devant l'évidence aujourd'hui de (leur) dangerosité".

L'utilisation de ces armes dites de force intermédiaire, notamment le LBD 40x46, est au cœur de polémiques ces dernières semaines après que de nombreux manifestants ont été blessés, parfois grièvement au visage, lors des rassemblements de "gilets jaunes".

M. Toubon avait préconisé, dans un rapport remis le 10 janvier 2018, l'interdiction de l'usage des lanceurs de balle de défense (LBD) dans le cadre du maintien de l'ordre en raison de leur "dangerosité" et des "risques disproportionnés" qu'ils font courir.

"Nous avons déterminé, à partir des cas qui nous sont soumis, que l'usage des LBD 40x46 pouvait présenter une grande dangerosité. Nous avons demandé un moratoire, nous avons demandé que tout ça soit réétudié. Je l'ai encore fait dans un rapport déposé il y a un an", a rappelé Jacques Toubon sur RTL.

"J'espère que devant l'évidence aujourd'hui de la dangerosité de ces armes de forces intermédiaires le gouvernement prendra des dispositions", a-t-il ajouté.

Selon des chiffres annoncés la veille, douze des 25 saisines (dont certaines collectives) enregistrées par le Défenseur des droits depuis le début de la contestation des "gilets jaunes" évoquent des tirs de balles de défense.

Selon une source policière, sur la seule journée d'action du 12 janvier, au moins 5 manifestants ont été grièvement blessés "vraisemblablement" par des tirs de LBD.

Dans une note obtenue mercredi par l'AFP, le directeur général de la police nationale (DGPN) Eric Morvan juge globalement justifié le recours aux LBD au cours des récentes mobilisations, mais a rappelé que leur utilisation doit être proportionnée et que le tir doit viser "exclusivement le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs".

D'après le décompte du service de fact-checking de Libération, qui s'appuie sur les travaux du collectif militant "Désarmons-les", au moins 69 "gilets jaunes" ou journalistes ont été blessés par des tirs de LBD depuis le début de la mobilisation et au moins 14 d'entre eux ont perdu l'usage d'un œil.

Début décembre, 200 personnalités avaient appelé à interdire "immédiatement" l'usage de ces fusils d'épaule à un coup qui projettent des balles semi-rigides de calibre 40 mm.

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