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Le réalisateur Christophe Ruggia inculpé pour agressions sexuelles sur mineur après les accusations de l'actrice Adèle Haenel

Le réalisateur Christophe Ruggia inculpé pour agressions sexuelles sur mineur après les accusations de l'actrice Adèle Haenel
© AFP

Le réalisateur Christophe Ruggia, accusé d'"attouchements" par l'actrice française Adèle Haenel lorsqu'elle était adolescente, a été inculpé jeudi et placé sous contrôle judiciaire, après 48 heures de garde à vue, a-t-on appris auprès du parquet de Paris.

Le cinéaste de 55 ans, qui conteste cette mise en cause, est inculpé pour "agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité sur la victime", a précisé le parquet.

Une confrontation a eu lieu au cours de cette garde à vue, durant laquelle chacun a campé sur ses positions, avait indiqué auparavant à l'AFP une source proche du dossier.

Rappel du dossier

L'affaire a démarré à l'automne quand Adèle Haenel, récompensée par deux César en 2014 et 2015, a accusé M. Ruggia auprès de Mediapart.

Elle a dénoncé dans le journal en ligne "l'emprise" que le cinéaste aurait exercée sur elle pendant la préparation et le tournage du film "Les Diables" (2002), puis un "harcèlement sexuel permanent", des "attouchements" répétés et des "baisers forcés dans le cou", qui auraient eu lieu chez lui et lors de plusieurs festivals internationaux, le tout alors qu'elle était âgée de 12 à 15 ans.

Ces accusations ont provoqué un séisme dans le milieu du cinéma français, jusque-là resté assez imperméable au mouvement #MeToo. Quelques jours plus tard, de nouvelles accusations de viol portées par une photographe française contre le célèbre réalisateur franco-polonais Roman Polanski ébranlaient de nouveau le milieu du 7e art.

Adèle Haenel avait dans un premier temps refusé de saisir la justice, se justifiant d'une formule lapidaire et critique sur une institution qui "condamne si peu": "La justice nous ignore, on ignore la justice". Elle avait finalement porté plainte quelques jours après l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet.

Entendue par les enquêteurs le 26 novembre et le 2 décembre, elle avait alors expliqué dans un communiqué avoir décidé de "s'engage(r) activement dans cette procédure, considérant qu'il est de sa responsabilité de justiciable comme de personnalité publique d'y prendre part, au regard de la gravité des faits dénoncés et des conséquences pour chacun".

L'actrice avait ajouté que "les dénégations publiques" de Christophe Ruggia l'avaient "déterminée à obtenir judiciairement la reconnaissance de son statut de victime".

Le réalisateur dément

Christophe Ruggia s'est défendu à plusieurs reprises dans les médias, assurant par exemple avoir "commis l'erreur de jouer les pygmalions avec les malentendus et les entraves qu'une telle posture suscite".

Dans Marianne, le cinéaste, engagé ces dernières années en faveur des réfugiés et des sans-papiers, a aussi affirmé en décembre qu'Adèle Haenel lui était hostile car il lui avait refusé un film. "Après ce premier film (Les Diables, ndlr), où Adèle était éblouissante, je lui avais promis d'écrire à nouveau pour elle. J'ai donc rédigé un scénario avec un rôle pour elle et un pour Vincent Rottiers (autre comédien des Diables), mais mon producteur ne voulait pas en entendre parler", a raconté le réalisateur.

"Elle misait tout sur mon futur film. Le lendemain, je recevais une lettre d'une violence inouïe où elle racontait qu'elle stoppait le cinéma parce que je l'avais trahie et manipulée", a-t-il poursuivi.

D'abord radié de la Société des réalisateurs de films (SRF), une des principales organisations de cinéastes forte de 300 adhérents, Christophe Ruggia a contesté cette décision. Il a depuis été suspendu de façon temporaire par la SRF le temps de l'enquête.

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