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Rodez: le responsable sécurité de la mairie mortellement poignardé 

"Acte lâche", "attaque ignoble": le directeur général adjoint de la mairie de Rodez, en charge notamment de la sécurité, est mort jeudi après avoir été frappé de plusieurs coups de couteau en plein centre ville.

L'agresseur présumé a été interpellé peu après les faits à proximité de l'Hôtel de ville. Cet homme de 39 ans, présenté comme marginal, avait menacé à plusieurs reprises des responsables de la municipalité après un différend relatif à son chien, un chien d'attaque de catégorie 2, qui nécessite une autorisation.

"Le mobile est encore inconnu. Sur ses motivations, je ne peux pas en dire davantage, son audition est en cours", a très prudemment indiqué lors d'une conférence de presse le procureur Olivier Naboulet. "Les coups ont été portés avec une arme blanche, plusieurs coups selon les premiers témoignages", a poursuivi le magistrat.

"Il avait les mains pleines de sang. C'est affreux que cela puisse arriver en pleine rue ! Il avait l'air tellement calme et serein lorsqu'il a été interpellé...", a confié à Centre-Presse une passante ayant assisté à l'agression.

Mais en soirée le maire de Rodez a donné des détails sur le différend opposant l'agresseur présumé à la municipalité. "Il se promenait en ville en totale infraction puisqu'il ne mettait pas de laisse au chien, pas de muselière et surtout il n'avait pas d'autorisation", a indiqué Christian Teyssèdre.

- "menaces régulières" -

"Comme il avait des antécédents (judiciaires), on ne pouvait pas lui délivrer une autorisation pour avoir cette catégorie de chien", a-t-il poursuivi. En avril dernier, "il était venu casser la porte en verre de l'entrée de l'Hôtel de ville. Et depuis, il n'a cessé de nous menacer physiquement. Les menaces étaient régulières", a précisé le maire, qualifiant le suspect de "quelqu'un de particulier".

La victime, Pascal Filoe, "père de trois enfants" âgé d'une quarantaine d'années, était directeur général adjoint de la ville de Rodez, en charge notamment de la police municipale, a précisé à l'AFP le maire de Rodez, Christian Teyssèdre. Il avait notamment assuré la sécurité de la ville lors des différents passages du Tour de France.

Selon Centre-Presse, cet homme présenté comme un marginal est né à Mouscron (Belgique) et avait été arrêté le 18 septembre par les policiers ruthénois. En raison d’une récente condamnation, il n’avait pas le droit de détenir un chien classé en 2e catégorie. Non muselé, l'animal avait été retiré à son maître.

L'agression a eu lieu vers 10h30 dans une petite rue longeant la mairie. Une enquête a été ouverte "sous le chef de saisie d'assassinat puisqu'il semblerait que l'acte ait pu être prémédité", a précisé le procureur.

Pour le moment c'est toujours le parquet de Rodez qui dirige l'enquête, le parquet de Montpellier "sera amené à prendre la suite dans le cadre de l'ouverture d'une information criminelle qui, probablement, aura lieu demain (vendredi). Une autopsie sera réalisée demain (vendredi) dans le courant de l'après-midi", selon lui.

- "attaque ignoble" -

Cette agression mortelle du responsable de la sécurité en plein jour et au centre de la paisible préfecture de l'Aveyron a suscité de nombreuses réactions.

"Je partage la douleur des habitants de Rodez après l'attaque ignoble (...). Soutien à ses collègues éprouvés et aux policiers nationaux qui ont immédiatement interpellé l'individu", a tweeté le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

La préfète de l’Aveyron a de son côté "condamné avec la plus grande fermeté l’acte horrible". Les maires de France, via leur association AMF, ont exprimé leur "indignation face à cet acte lâche".

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, s'est dit "consterné et abasourdi". La présidente de la région Occitanie Carole Delga a exprimé sa "stupeur" et sa "profonde indignation". Le maire de Nice Christian Estrosi s'est déclaré "indigné". Eric Ciotti, député de Nice, a fait part de son "émotion et effroi suite à l'assassinat lâche".

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