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"Gilets jaunes": un cortège itinérant dans Paris

Une manifestation spontanée à Paris, quelques rassemblement en province, des péages bloqués: l'acte VI des "gilets jaunes" mobilise faiblement samedi, alors qu'un automobiliste a été tué dans la nuit en marge du mouvement.

Pour ce sixième samedi consécutif de mobilisation dans la capitale, en début de matinée, un appel a été lancé sur la page facebook d'Eric Drouet, l'une des figures du mouvement, pour aller sur la butte Montmartre.

Environ 200 personnes, encadrées par les forces de l'ordre, ont quitté le 18ème arrondissement et défilent actuellement dans le centre de la capitale, non loin des grands magasins, dans une ambiance parfois tendue, selon une journaliste de l'AFP.

"Paris dans la rue !", les entend-on scander. Aucune interpellation n'a été pour le moment signalée, selon une source policière.

Jean-Philippe et Jennifer, des Belges qui vivent dans le Nord sont venus "Pour qu'Emmanuel Macron dégage". "Ce qui m'a plu, c'est que les gens ont commencé par la taxe carburant, et fini par se dire qu'il fallait être sur un pied d'égalité, que 1% ne pouvait pas gouverner 99%", expliquent-ils.

Peu avant midi, le petit cortège était bloqué dans le quartier de l'Opéra par les forces dans le l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Un autre groupe d'environ 150 manifestants est parti de l'Opéra vers la place de la République. Et un autre marchait aussi depuis la Madeleine vers l'Opéra.

La situation est calme sur les Champs-Elysées, où contrairement aux derniers samedis, la circulation est normale et où seule une poignée de "gilets jaunes" s'est rassemblée dans la matinée.

Cafés et restaurants ont dressé normalement leurs terrasses, la quasi-totalité des magasins exhibent leur vitrine, et seules quelques boutiques de luxe sont restées fermées.

Les commerces parisiens, qui doivent accueillir de nombreux clients avant Noël, ont été "invités à faire preuve de vigilance" par la préfecture de police.

Quelques 800 "gilets jaunes" au total sont dénombrés dans l'ensemble de la capitale, a indiqué vers midi la préfecture de police.

Situation calme également à Versailles, où plusieurs milliers de personnes s'étaient déclarées "intéressées" par une manifestation organisée entre autres par Éric Drouet, sur l'avenue de Paris, juste en face du château.

Seule une soixantaine de "gilets jaunes" se trouvent vers midi sur l'avenue, au milieu d'un important dispositif policier, selon l'AFP.

Par crainte de débordements, le domaine et le château de Versailles, visités par des millions de personnes chaque année, ont été fermés "de manière préventive".

"Macron démission" 

La situation contraste avec celle de la semaine dernière, où environ 69.000 membres des forces de l'ordre avaient été déployés en France, dont 8.000 à Paris, appuyées par des véhicules blindés de la gendarmerie.

Ces véhicules blindés sont à nouveau mobilisés samedi, a fait savoir l'Intérieur. Ils sont "positionnés" en province, à Toulouse, Bordeaux et dans les Bouches-du-Rhône et "en alerte" à Paris.

Dans la nuit de vendredi à samedi, une dixième personne est décédée en marge du mouvement: un automobiliste est mort après avoir percuté un camion bloqué à un barrage filtrant de "gilets jaunes", à l'entrée d'autoroute de Perpignan-sud, a indiqué à l'AFP le procureur de Perpignan, Jean-Jacques Fagni.

Des "gilets jaunes" ont aussi appelé à bloquer le passage des camions aux frontières. Des gendarmes ont ainsi débloqué vers 06H00 l'autoroute A63 à hauteur de Biriatou, à la frontière entre la France et l'Espagne, où une cinquantaine de "gilets jaunes" bloquent des poids-lourds depuis trois heures du matin.

Des blocages ont également été signalés dans la nuit dans le Nord, sur les autoroutes A2 et A22, à la frontière belge.

Selon Vinci, quelques entrées, sorties et barrières de péage sont encore fermées sur le réseau, notamment sur l'autoroute A7.

À 10H00, une petite trentaine de "gilets jaunes" étaient réunis à Lyon, place Bellecour. A Marseille, une centaine se sont rassemblés samedi matin devant l'hôtel de ville, avec "Macron démission" comme slogan de ralliement.

La manifestation principale dans les Bouches-du-Rhône pour cet acte VI est annoncée à Aix-en-Provence à partir de 14h00. D'autres mobilisations sont prévues à Toulouse, Orléans, Bordeaux, ou en Bretagne, notamment. A Bordeaux, des "gilets jaunes"ont tenté de bloquer un centre commercial couvert, jouant au chat et à la souris avec les vigiles, alors que des milliers de personnes faisaient leurs courses de Noël.

Depuis le pic du 17 novembre et les 282.000 manifestants recensés, la mobilisation est en baisse. Ils étaient 166.000 "gilets jaunes" à manifester le 24 novembre, 136.000 les 1er et 8 décembre et 66.000 le 15 décembre.

Et le ministère de l'Intérieur a décompté 3.680 "gilets jaunes" jeudi, soit l'étiage le plus bas depuis le début de ce mouvement né en réaction, à une hausse prévue des taxes sur les carburants - que le gouvernement a depuis annulée.

Vendredi, le Parlement a donné son feu vert à des mesures d'urgence économiques et sociales: défiscalisation des heures supplémentaires, exonération élargie de hausse de CSG pour des retraités et possibilité pour les entreprises de verser une "prime exceptionnelle" de 1.000 euros, exonérée de toutes cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, pour leurs salariés rémunérés jusqu'à 3.600 euros

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