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Les pompiers recrutent plus que jamais, et pas que des "Superman"

Ils recrutent beaucoup, et pas que des "Superman": du soldat du feu au plombier, les pompiers, en congrès national cette semaine, ont chaque année besoin de milliers de nouveaux professionnels ou volontaires pour faire face à des missions de plus en plus nombreuses.

L'une de leurs prochaines recrues est une célébrité: Mamoudou Gassama, le "Spiderman" malien qui a sauvé un enfant en escaladant la façade d'un immeuble parisien fin mai, commencera en novembre à Paris une formation à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).

Mais que ceux qui sont intéressés par la carrière de pompier se rassurent: "Nous ne recrutons pas que des Superman, tout le monde peut devenir sapeur-pompier", souligne Eric Florès, conseiller technique auprès du président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF).

Cette année encore, au congrès national de la profession, organisé jusque samedi à Bourg-en-Bresse (Ain), plusieurs stands et rencontres évoqueront le recrutement, essentiel dans un secteur exigeant où le +turn over+ reste important.

D'autant que le nombre de leurs interventions, lui, ne cesse d'augmenter: 4,5 millions en 2018, soit une toutes les 7 secondes. Dont 80% pour le secours à personnes, priorité grandissante, loin devant la lutte contre les incendies (6%).

Chaque année, des milliers de postes de sapeurs-pompiers à plein temps sont ouverts chez les professionnels (16% des effectifs) et militaires (5%).

Chez les premiers, des concours sont régulièrement organisés, tous les deux ou trois ans, comme cette année où 3.715 postes sont ouverts aux plus de 18 ans ayant au minimum un diplôme de niveau brevet des collèges.

Côté militaires, 1.200 postes sont ouverts chaque année à la BSPP. "On recrute en moyenne 80 personnes par mois, et on a encore besoin de 200 à 300 personnes cette année", explique à l'AFP son porte-parole, le lieutenant-colonel Gabriel Plus.

"L’éventail des métiers est large: soldats du feu et secouristes, notre coeur de métier, techniciens informatiques, plombiers, maintenance automobile ou de bâtiments, médecins...", énumère-t-il.

Les contrats sont de un à cinq ans. Mais même si nombre de pompiers décrivent leur métier comme passionnant, il reste très prenant avec des horaires parfois nocturnes.

A la BSPP, les pompiers restent en moyenne 7-8 ans, avant que des raisons familiales ou l'envie de changer d'activité ou de rythme travail ne les poussent à se réorienter.

- "Engagement altruiste" -

Les volontaires, base du système (80% des quelque 240.000 sapeur-pompiers) exercent eux à temps partiel, à côté de leur activité professionnelle. En moyenne une vingtaine d'heures, rétribuées environ 215 euros par mois. Le recours à une écrasante majorité de volontaires est une spécificité française par rapport aux autres pays européens.

"Il s'agit donc avant tout d'un engagement altruiste, affectif et citoyen" de personnes "attachées à leur territoire" local où elles "veulent participer à la protection des leurs", souligne le président de la FNSPF, Eric Faure.

Mais le +turn over+ reste là aussi important - un tiers des pompiers ne vont pas au-delà de cinq ans - faute notamment de pouvoir poursuivre en cas de changement de métier ou de région. Et le nombre de volontaires stagne, contrairement aux nombre d'interventions.

La FNSPF a proposé en mai au gouvernement plusieurs mesures pour relancer le volontariat (simplification, compensation de charges, bonifications retraite...), pour attirer notamment les femmes et jeunes urbains. Elle attend également qu'il se positionne vite contre la directive européenne qui inclut le volontariat dans le temps de travail.

Pour mieux recruter, les pompiers ciblent également la jeunesse via des dispositifs jeunes tels que les Jeunes sapeurs-pompiers (JSC): 28.000 jeunes de 11 à 18 ans (dont plus de 8.000 nouveaux chaque année) commencent ainsi à se former aux activités de pompiers une fois par semaine dans les casernes.

Les plus jeunes peuvent, eux, venir avec leurs parents aux formations de premiers secours organisées dans les casernes le week-end.

Plus de 800 jeunes, souvent des étudiants, font par ailleurs leur Volontariat de service civique (VSC) en caserne de pompiers, où ils viennent travailler 4 à 5 fois par mois pendant dix mois, comme ce sera le cas pour Mamoudou Gassama.

La FNSPF espère enfin que ses casernes seront une destination privilégiée des jeunes dans le cadre du Service national universel (SNU) d'un mois qui sera expérimenté à partir de l'an prochain.

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