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Les témoignages de gilets jaunes blessés par des tirs de flash-ball s'accumulent en France: "J'ai eu la joue perforée"

Les témoignages de gilets jaunes blessés par des tirs de flash-ball s'accumulent en France:

En France, les gilets jaunes se sont à nouveau mobilisés ce samedi. Les manifestants se sont rassemblés à Paris et dans d'autres régions. Leur protestation cible ce week-end les violences policières et en particulier l'usage des lanceurs de balle de défense (LBD), les fameux flash-ball. Des victimes de ces armes témoignent.

Ludovic s'est retrouvé la joue en sang à l'issue de l'acte IX des gilets jaunes à Paris. Trois semaines plus tard, il le sait: la cicatrice abîmera son visage à vie. Il a suffi d'un seul projectile de lanceur de balle de défense (LBD), aussi appelé flash-ball, pour tout faire basculer. "J'ai rien vu venir du tout et apparemment la grenade est atterrie à 1m50 de moi et je l'ai pris en pleine tête. J'ai eu la joue perforée. 17 points de suture dehors et quatre à l'intérieur de la bouche", confie Ludovic.

Quand la police est près de moi je ne me sens pas en sécurité

Jean-François, lui, a perdu l’usage de son œil gauche. C’était en 2016 lors d’une manifestation à Rennes. Il garde une marque physique, mais aussi psychologique de l'événement. "J'ai très peur des forces de l'ordre. Je les trouve effrayants. Quand je les vois passer en voiture je me cache. Alors que je n'ai rien à me reprocher… Je marche dans la rue, mais quand la police est près de moi je ne me sens pas en sécurité", confie-t-il.

Des témoignages comme ceux-ci se multiplient ces dernières semaines en France. "C'est intolérable dans une démocratie qui est la nôtre. La liste est énorme. C'est un bilan sanglant sans précédent dans notre cinquième république", accuse Philippe de Veulle, avocat de nombreux "gilets jaunes" blessés.


Le ministre de l'Intérieur défend l'usage des LBD

Les forces de l’ordre auraient utilisé leur arme 9.200 fois depuis le début du mouvement de contestation des gilets jaunes le 17 novembre. 20 d’entre eux ont perdu la vue, blessés par ces tirs de LBD.

"Oui c'est vrai, cette arme de force intermédiaire peut blesser. Mais pour faire face aux émeutiers, pour se défendre contre ceux qui les attaquent, les forces de l'ordre en ont besoin. Si elles en étaient privées, elles n'auraient alors plus d'autre alternative que le corps à corps ou l'usage de l'arme de service", rétorque le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner.


Des membres du monde médical se mobilisent

Parmi les détracteurs des LBD, on retrouve aussi le corps médical. Un neurochirurgien a lancé une pétition demandant un moratoire contre l'usage des lanceurs de balle de défense. Plus de 100.000 signatures ont déjà été récoltées.

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