Loyer à payer, fêtes gâchées: l'angoisse des Américains touchés par le "shutdown"

Loyer à payer, fêtes gâchées: l'angoisse des Américains touchés par le
Un panneau annonce la fermeture d'un bâtiment du gouvernement le 22 décembre à Washington, à cause du "shutdown" ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Donald Trump l'affirme: les employés fédéraux au chômage forcé à cause du "shutdown" soutiennent son combat contre les démocrates pour obtenir un mur à la frontière avec le Mexique. Mais alors qu'aucune issue n'est en vue, c'est plutôt l'inquiétude qui domine de nombreux témoignages d'anonymes.

Entre craintes de ne pas pouvoir payer le loyer et fêtes de Noël gâchées, des internautes confient leurs angoisses sur Twitter, sous le hashtag #ShutdownStories.

Mercredi marque le cinquième jour de cette impasse budgétaire qui a provoqué la fermeture, ou "shutdown", de 25% des administrations fédérales. En conséquence, quelque 800.000 Américains sont soit, pour la moitié, forcés de travailler sans être payés, soit poussés, pour l'autre moitié, aux congés sans solde.

Après les précédents "shutdowns", le Congrès américain avait rapidement voté, une fois le conflit résolu, pour que les employés fédéraux soit payés rétroactivement.

Mais alors que la fin du mois approche et que les négociations n'avancent pas, beaucoup s'inquiètent de ne pas pouvoir affronter les factures, tandis que les sous-traitants des ministères affirment eux qu'ils perdront purement et simplement ces jours chômés.

"Je viens juste de faire déménager ma famille, nous sommes trois, à Washington pour un emploi avec le gouvernement fédéral. Mon loyer a doublé, j'ai dépensé mes économies dans le déménagement et maintenant je vais peut-être ne pas être payé", se désole Kevin sur Twitter.

Dans un e-mail à l'AFP, ce statisticien, qui désire rester anonyme, précise que son fils de deux ans et demi a besoin d'une aide spécialisée.

"Notre budget est vraiment serré et se réduit encore", confie-t-il. "Si je rate un salaire, je vais payer le loyer avec une carte de crédit. Pendant que je vous écris, je suis en train de voir comment je peux me déclarer sans-emploi et demander le gel du remboursement de mes emprunts étudiants".

Mardi, @katyjb88 concédait elle sur Twitter que son époux, garde-côte, serait peut-être payé rétroactivement. "Mais cela ne nous aidera pas pour les factures exigées le 1er (du mois)".

Pour d'autres, comme @Ancient_Scout, les conséquences sont immédiates: "Rompu mon bail pour accepter un nouveau boulot fédéral pour lequel je dois suivre 7 mois de formation dans un autre Etat. Formation annulée à cause du shutdown. Plus de logement. Ne peux pas me permettre un logement à court (?) terme. Je dois travailler à plein temps sans être payé. Je rends les cadeaux de Noël".

"En tant que contractuelle pour le gouvernement, je ne vais PAS ETRE PAYEE pour les jours que durera ce shutdown. Je suis une mère célibataire en mode panique. Je prends des heures supplémentaires dans mon deuxième boulot, mais ça ne payera pas le loyer!", s'inquiète @juliedotburr.

- Sandwiches gratuits -

Certains des employés affectés défendent toutefois la décision de Donald Trump de refuser de signer une loi budgétaire tant qu'elle ne comprendra pas le financement du mur, censé lutter contre l'immigration clandestine.

"En tant qu'employé du fisc, j'ai juré de défendre la Constitution, qui entre autres choses affirme que les Etats-Unis doivent" protéger leurs frontières, souligne mercredi @InsiderIRS.

Une opinion qui fait écho aux déclarations de Donald Trump. Beaucoup "me l'ont dit: +persistez tant que vous n'avez pas obtenu le financement du mur+", a-t-il affirmé mardi. "Ces employés fédéraux veulent le mur".

Grand syndicat indépendant d'employés fédéraux, le NTEU affirmait en tout cas le 24 décembre que 80% de ses membres se disaient "très inquiets" sur leur capacité à payer leur logement et autres factures de base.

En attendant que les parlementaires, attendus de retour à Washington jeudi, se mettent d'accord sur un compromis, la solidarité s'organise.

Un restaurant de hamburgers, Z-Burger, à Washington, où vivent de nombreux employés fédéraux, leur offre des sandwiches gratuits, tandis que le chef d'origine espagnol José Andrés, grand critique de Donald Trump, les invite dans tous ses restaurants entre 14h00 et 17H00, également pour un sandwich.

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