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Macron et le remaniement: "tout ça pour ça" commente la presse

(Belga) Un remaniement "poussif" et "sans éclat", tel un soufflé qui retombe, avec Emmanuel Macron "seul à la barre" qui entend garder le cap: la presse française de mercredi reste sur sa faim après les annonces de la veille.

"Un remaniement mais pas de révolution", titre Le Parisien. Le Monde évoque "un remaniement sans éclat pour garder le cap". "Le 'second souffle' attendu, dixit le communiqué gouvernemental, se ramène pour l'instant à une haleine de bébé, un zéphyr politique. Certains avaient parlé d'un tournant. C'est un tournant en ligne droite", ironise Laurent Joffrin dans Libération. "Une dose de rien et trois mesures de pas grand-chose" et "à l'arrivée, une galerie d'échines souples et de seconds couteaux tient lieu d'équipe", cingle Patrick Apel-Muller dans L'Humanité. "Cette équipe sans aspérité a pour mission de retrouver le credo présidentiel originel : voici enfin rétabli en son sein l'équilibre +et de gauche et de droite+ que les départs de Nicolas Hulot et de Gérard Collomb avaient rompu. Restera encore à reconstruire l'autre vertu cardinale de l'action macronienne, celle qui tient lieu de ligne idéologique : l'efficacité", commente Nicolas Beytout dans L'Opinion. "L'heure n'est plus au goût du risque, aux glorieuses prises de guerre ou aux coups de com'. Finies les stars. Trop émotives, trop caractérielles (...) Il faut du fonctionnel, du fidèle, du solide. Et du politique subtilement dosé", commente Florence Chédotal dans La Montagne/Centre France. "Sans leur faire injure, il s'agit tout de même d'un casting de seconds rôles" et "il n'y a dans ce nouveau gouvernement aucune pointure capable de prendre place sur la grande scène de la politique où Emmanuel Macron demeure bien seul", estime Philippe Marcacci dans L'Est républicain. "Sur la forme, donc, rien de bien rock'n'roll. Et sur le fond alors ? Pas mieux. Non, rien de très folichon dans cet alignement de noms, de personnalités et de compétences dont le dosage répond à deux règles simples : satisfaire les partenaires politiques du gouvernement et surtout ne pas faire entrer de loup dans la bergerie", note Michel Klekowicki du Républicain lorrain. "Tout ça pour ça ?", résume Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées. "Une courte déclaration à la télévision pour conclure un remaniement poussif... c'est une étrange quinzaine qui s'achève", constate dans Le Figaro Vincent Trémolet de Villers. Pour Cécile Cornudet du quotidien économique Les Echos, "Emmanuel Macron cherche à prendre de la hauteur au moment où il redescend sur terre, il banalise son remaniement tout en dramatisant sa parole parce que le point de faiblesse identifié relève non de la politique menée, mais de lui-même et de son rapport aux Français". Dans sa chronique du Monde, Françoise Fressoz juge que "l'équation de la rentrée n'a pas fondamentalement changé : le président reste toujours en première ligne et il n'a pas encore trouvé les moyens de renouer le fil avec les Français". "Tous derrière et lui devant ! En s'invitant hier au journal de 20 heures - quelques heures après un remaniement très attendu et qui a finalement accouché d'une souris -, Emmanuel Macron a tenu à montrer qu'il était plus que jamais à la barre. Et que le cap n'avait pas changé, quand bien même l'équipage si", conclut Pascal Coquis des Dernières Nouvelles d'Alsace. (Belga)

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