Manifestation à Bastia pour dénoncer le sort réservé aux prisonniers nationalistes corses

Manifestation à Bastia pour dénoncer le sort réservé aux prisonniers nationalistes corses
Manifestation à Bastia le 13 avril 2019 pour dénoncer le sort réservé aux anciens prisonniers nationalistes corsesPASCAL POCHARD-CASABIANCA

Environ un millier de personnes, selon la préfecture, 5.000 selon les organisateurs, ont manifesté samedi à Bastia pour dénoncer le sort réservé aux anciens prisonniers nationalistes corses.

Derrière une banderole montrant des mains menottées, les manifestants, qui ont rejoint la préfecture dans le calme, étaient appelés à se rassembler par le collectif d'anciens prisonniers Patriotti afin de dénoncer la "répression policière, judiciaire et financière à l’égard des anciens prisonniers nationalistes corses".

Le collectif, soutenu par la coalition nationaliste Pè a Corsica et le puissant Syndicat des travailleurs corses (STC), demande le rapprochement des prisonniers dits "politiques" dans des prisons corses. Il s'oppose également au paiement des amendes auxquelles les anciens prisonniers ont été condamnés ainsi qu'à leur inscription au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions terroristes (Fijait).

Il s'agit de "marquer un coup d’arrêt à cette politique répressive et sournoise, pour imposer une logique politique d’apaisement de paix et de réconciliation...", a déclaré Paul-Felix Benedetti, membre du collectif Patriotti et co-leader du groupe indépendantiste Core in Fronte.

"C'est une occasion de dire de façon populaire et pacifique, pacifique, j'insiste, que cette attitude de blocage doit cesser et que la question des prisonniers politiques doit être traitée de façon politique", a déclaré de son côté le président autonomiste du conseil exécutif corse Gilles Simeoni.

Outre le chef du mouvement Femu a Corsica, le représentant du parti indépendantiste Corsica Libera, Jean-Guy Talamoni, et celui du PNC de Jean-Christophe Angelini étaient également présents dans le cortège, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Il s'agit bien de prisonniers politiques qui sont soumis au même régime que les jihadistes et doivent pointer tous les deux mois alors qu'ils ont purgé leur peine", a déploré Emmanuelle Carli une manifestante.

Lors de la visite d'Emmanuel Macron le 4 avril en Corse, l'entourage du président de la République avait souligné que "ces prisonniers ne sont que trois: les assassins du préfet Erignac".

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