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Marseille: le changement de franchiseur de six McDonald's devant la justice

Marseille: le changement de franchiseur de six McDonald's devant la justice
Trois procédures judiciaires ont été lancées par les salariés de six McDonald's de Marseille promis à un changement de franchiseurPHILIPPE HUGUEN

Trois procédures judiciaires ont été lancées par les salariés de six McDonald's de Marseille promis à un changement de franchiseur, avec en prime une plainte au pénal pour tentative d'escroquerie, a précisé lundi l'avocat des salariés Ralph Blindauer.

Devant le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille, Me Blindauer, avocat du comité d'entreprise de la société qui regroupe ces six franchises McDonald's, a demandé lundi la fourniture de documents et d'informations complémentaires, ainsi que la prolongation du délai de consultation, censé se terminer le 7 août. Le tribunal a mis sa décision en délibéré à vendredi.

Une deuxième procédure, devant le conseil des prud'hommes et concernant le transfert à un nouveau propriétaire des salariés de l'un des ces établissements, le "McDo" de Saint-Barthélémy, dans le 14e arrondissement de Marseille, sera examinée vendredi.

La troisième procédure, pour annuler la totalité du projet de cession de ces six McDonald's, est prévue le 20 août, toujours devant le juge des référés du TGI de Marseille.

Me Blindauer a précisé à l'AFP avoir également déposé une plainte contre X au pénal pour "tentative d'escroquerie et association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie", au sujet notamment du projet de cession du McDo de Saint-Barthélémy.

Ce restaurant, qui compte 77 salariés, dont 55 à temps plein, serait repris par une société qui porte un "projet de restauration asiatique halal", selon un courrier du 14 juin de l'actuel franchiseur, Jean-Pierre Brochiero, en place depuis janvier 2015: "Son dirigeant croit beaucoup dans la restauration ethnique" et ce restaurant "est au coeur d'un quartier à forte concentration musulmane", soulignait M. Brochiero dans ce même courrier.

- "Un petit Florange" -

"En fait, la feuille de route de ce repreneur, c'est de couler l'entreprise, sans passer par un plan social", a accusé Me Blindauer devant la cinquantaine de salariés réunis devant le TGI de Marseille lundi en fin de matinée.

Pour Samia Ghali, sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône, présente aux côtés des salariés lundi, la disparition de ce restaurant serait pour le quartier un "petit Florange", en référence à la fermeture des hauts-fourneaux d'Arcelor-Mittal à Florange (Moselle) en 2012: "Ce sont des licenciements cachés par une liquidation insidieusement déguisée en rachat", a accusé Mme Ghali dans un courrier aux salariés du 18 juillet, en précisant avoir alerté la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Dans un communiqué transmis à l'AFP lundi, M. Brochiero a regretté que "ce projet de la dernière chance" concernant le restaurant de Saint-Barthélémy, qui aurait enregistré une perte sèche de 3,3 millions d'euros depuis 2009, "soit mis en danger par les menaces et toutes les initiatives visant à perturber et obstruer le dialogue en cours".

Les cinq autres restaurants concernés, soit 300 salariés, seraient eux repris par un autre franchisé McDonald's, qui possède déjà 8 établissements de la chaîne américaine, avec plus de 500 salariés.

En dénonçant une "stratégie anti-syndicale", destinée à se débarrasser des représentants de salariés en place, Me Blindauer voit dans la cession de ces cinq restaurants une volonté cachée de "faire rentrer dans le modèle McDo", avec des "temps partiels et des CD généralisés", des établissements où les salariés sont "souvent en CDI, avec 20 à 25 ans d'ancienneté".

Dans son communiqué lundi, M. Brochiero a répété que les 300 salariés visés par ce volet du projet garderaient leur "statut social" actuel. Quant au projet de cession dans son ensemble, "il respecte en tout point le cadre légal", avec "un dialogue social très dense et en toute transparence".

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