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Mort de Naomi: insultes et menaces contre un Samu en France

Mort de Naomi: insultes et menaces contre un Samu en France

Un homme a été interpellé jeudi et placé en garde à vue à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) pour une série d'appels "insultants" et menaçants mettant en cause le Samu local dans le décès de Naomi Musenga, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. Le Dr Tarak Mokni, responsable du Samu au Centre hospitalier de la Côte basque, a déposé plainte jeudi pour "harcèlement" et "outrage" après que son service ait été assailli la nuit précédente d'appels d'un interlocuteur très agressif et insistant, a-t-il indiqué à l'AFP, confirmant une information du quotidien Sud Ouest.

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"Lors d'une soirée particulièrement chargée en appels, nous avons reçu 19 coups de fils d'un homme. Des coups de fils insultants, violents, agressifs, très personnalisés vis-à-vis du Samu: Vous allez payer pour ce que vous avez fait (...) vous êtes responsable de la mort de Naomi", a rapporté le Dr Mokni. "Nous sommes restés très professionnels, mais 19 appels très ciblés sur le Samu, c'était trop, ça déstabilisait l'équipe, elle était perturbée. Doublement perturbée car mon équipe avait le sentiment que leur métier était saccagé", a-t-il poursuivi. "Une phrase revenait souvent chez eux: avec tout ce qu'on fait, on n'a plus qu'à changer de métier".

"Oui, il y a eu faute à Strasbourg"

Une fois la plainte déposée et la police "mise dans la boucle", l'auteur des appels a été identifié. Agé de 38 ans, "fortement alcoolisé", il a été interpellé et laissé en liberté au terme de sa garde à vue jeudi en fin d'après-midi, a indiqué la police. Il fera l'objet de poursuites. Le Dr Mokni souligne qu'il "n'aurait jamais porté plainte" s'il s'était agi de paroles agressives venant par exemple "de gens déboussolés, qui ont été déçus par le Samu, qui revivent des déceptions". "Avec l'histoire de Strasbourg cela peut resurgir, (mais) ceux-là je ne leur en veux pas". "Mais ce qu'on a subi à Bayonne dans la nuit de mercredi à jeudi, c'est intolérable, a-t-il lancé. "Oui, il y a eu faute à Strasbourg. De là à saccager le métier et perturber le personnel soignant, non !"Selon Tarak Mokni, "d'autres Samu ont subi des insultes depuis cette affaire, on a eu des retours, des gens qui appellent en disant vous n'allez pas faire comme à Strasbourg".

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