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Mort de Steve à Nantes: Hugo, "triste et en colère" après le décès de son ami, raconte la nuit du drame

Mort de Steve à Nantes: Hugo,
©Belga

"Moi aussi, j'aurais pu y passer, j'ai vraiment eu beaucoup de chance". Hugo Phan est encore sous le choc de la disparition de son ami, Steve Maia Caniço, lors de cette nuit dramatique du 21 au 22 juin, marquée par une intervention controversée des forces de l'ordre à Nantes.

Technicien informatique mais aussi DJ de techno hardcore, Hugo Phan a 24 ans, le même âge que Steve. Le soir de la Fête de la musique, le jeune homme était DJ mais il avait déjà arrêté la musique avant l'intervention des forces de l'ordre, raconte-t-il à l'AFP, lors du rassemblement en hommage à Steve samedi matin sur l'île de Nantes.

"J'étais en train de ranger mon matériel tranquillement et c'est à ce moment-là que l'on a vu un gros nuage arriver vers nous (...) C'était la panique générale et on s'en fout du matériel, on s'en va", poursuit-il.

"C'est là que les gens ont commencé à tomber dans la Loire (...) Moi, j'ai eu énormément de chance, je ne suis pas tombé".


Une "charge totalement injustifée"

Pour Hugo Phan, la "charge" des forces de l'ordre ce soir-là était "totalement injustifiée. La musique n'a jamais fait de mal à personne, surtout qu'il n'y a pas de voisins autour, on n'a pas eu une seule plainte, rien. C'est un coin tranquille, une zone industrielle déserte. Depuis une quinzaine d'années, la Fête de la musique au niveau free parties et sound systems se passe là-bas et chaque année, il n'y a pas de souci", assure-t-il.

Quand le journaliste lui fait remarquer qu'une "charge" en langage policier, c'est une rangée de boucliers collés les uns aux autres et qui progressent vers une cible, le jeune homme répond: "On joue totalement sur les mots (...) Si on compare par rapport au rugby, une charge, c'est juste de foncer dans le tas. C'est exactement ce qui s'est passé".

Pour Hugo Phan, "il y a eu une (première) charge policière à but dispersif. Ensuite, forcément, (quand) on nous attaque, on répond! Ensuite, dit-il, il y a eu une deuxième charge à but offensif, où, là, c'était vraiment de l'attaque directe envers nous en tant que fêtards".


"Mensonges"

La dernière fois qu'il a vu Steve, "c'était deux heures avant" l'intervention de la police. "Il allait bien, il était toujours souriant, en pleine forme (...) On a discuté de choses banales et aussi parlé du Defqon 1 (festival de musiques électroniques aux Pays-Bas du 28 au 30 juin, ndlr), pour lequel il avait pris ses places".

Hugo Phan se dit "totalement affligé" par le rapport de l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) -selon lequel il n'y a pas de lien entre la disparition de Steve et l'intervention des forces de l'ordre- qu'il considère comme "un tissu de mensonges".

"Je trouve aberrant qu'un enfant français disparaisse et que les autorités soient incapables de dire les choses, de dire qu'il y a eu une erreur". Près d'une semaine après la découverte du corps de Steve, son ami ressent "de la tristesse, du deuil et de la colère... Surtout de la colère".

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