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L'accord interprofessionnel sur le point d'être conclu: où est-ce que ça coince encore du côté de la FGTB?

L'accord interprofessionnel, au coeur de vives contestations du côté syndical, va normalement être dégelé après 1 mois de problèmes. D'autres rencontres doivent confirmer ce projet d'accord. La FGTB doit également consulter "sa base" avant de donner un aval définitif, mais le projet semble sur de bons rails.

On se dirige lentement vers la conclusion d'un accord interprofessionnel (AIP) entre syndicats et patrons, accord qui donne un cadre à l'évolution des salaires et conditions de travail pour les années à venir. Les partenaires sociaux sont attendus à 14h00 au Lambermont, résidence de fonction du Premier ministre Charles Michel.

"Nous sommes devant un projet d'accord interprofessionnel, nous avons fait une première analyse aujourd'hui au bureau, et elle est tout en nuance. C’est-à-dire que nous percevons bien les aspects très positifs, nous percevons aussi les aspects qui le sont moins. C'est sans doute ça l'équilibre, et il appartiendra maintenant à notre base, que nous avons décidé de consulter, après avoir reçu un certain nombre d'explications, de manière objective, de décider s'ils considèrent que la FGTB doit ou ne doit pas signer cet accord", nous a expliqué Robert Vertenueil, président de la FGTB. Cette analyse "nuancée" fait que le syndicat se prononcera définitivement le 26 mars, lors d'un comité fédéral.

Où est-ce que ça coince ? "Quand on prend la question de la norme (salariale, donc la marge d'augmentation des salaires hors indexation), elle reste quand même très légère. Certes, elle s'est améliorée et on le prend avec plaisir, mais ça reste faible, les attentes en matière de pouvoir d'achat, ce n'est pas moi qui le dis, c'est la rue, sont énormes. Donc évidemment, nos gens évaluent également cela à cette aune-là, ils ont les messages des militants, qui leurs disent: 1.1%, c'est bien gentil, mais ce n'est pas encore la solution à notre problème, il en est de même sur la question du salaire minimum, où là aussi (augmentation de 1,1%), les choses sont très faibles dans l'accord, ce sont des choses qui sont chagrin pour nous".

Au sein de la coalition gouvernementale également, les avis sont partagés, particulièrement en ce qui concerne le chômage avec complément d'entreprise (RCC, ex-prépension).

Que dit le projet ? Quatre choses à retenir

Nous avons analysé ce projet qui fait l'objet d'un accord à travers 4 mots clés. Tout d'abord les SALAIRES qui pourront augmenter. C'est la marge salariale de 1,1% qui a bien été retenue par les patrons et les syndicats, comme l'avait recommandé le Conseil Central de l'Economie. Une fois que l'accord sera acté, c'est aux secteurs, aux entreprises de voir comment ils (elles) vont tenir compte de cette marge. Pour le salaire minimum, il a lui aussi été augmenté de 1,1%. On parle donc de 10 centimes de l'heure. C'est bien en deçà de ce que souhaitaient les syndicats, notamment la FGTB qui tablait sur une augmentation de 10%.

Les syndicats ont aussi obtenu des avancées sur la MOBILITE. Il y a déjà une intervention dans les abonnements Train Tram Bus. Cette indemnité sera augmentée en 2 temps. Une première augmentation annoncée pour le 1er juillet de cette année, la seconde pour 2020.

Le nombre maximum d'HEURES SUPPLEMENTAIRES autorisées va lui évoluer à la hausse. Un travailleur peut prester 100 heures supplémentaires par an aujourd'hui. Il passera à 120 une fois l'accord conclu, ce qui réjouit les patrons.

Enfin le principe des CREDITS TEMPS est maintenu. Et c'est un motif de satisfaction dans le camps syndical, notamment pour la CSC. Le système de crédit temps permet aux travailleurs de mieux équilibrer vie professionnelle et vie privée.

Un mot encore sur les fins de carrière: il est encore possible pendant deux ans et demi, selon le projet de texte, d'accéder à la prépension à 59 ans pour les longues carrières et les métiers lourds. Pour les entreprises en difficultés et en restructuration: l'âge de la prépension a été rehaussé. Il passera de 56 à 58 ans cette année, 59 ans en 2020 et 60 ans fin 2020.

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