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Parcoursup: 955 bacheliers sans affectation, un futur calendrier resserré

Parcoursup: 955 bacheliers sans affectation, un futur calendrier resserré
La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal à Rouen, le 24 septembre 2018CHARLY TRIBALLEAU
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Un calendrier resserré mais pas de retour à une hiérarchisation des vœux: la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a détaillé mardi les futures évolutions de la plateforme d'admission post-bac Parcoursup, qui a laissé sans affectation 955 bacheliers.

Au terme de la procédure achevée le 21 septembre, ces lycéens sont accompagnés par les commissions rectorales, qui doivent leur faire une proposition d'admission "au plus près de leurs vœux". Parmi eux, 60 bacheliers généraux, les autres étant des bacheliers professionnels et technologiques, a précisé Mm Vidal lors d'un déplacement à l'université Paris-Sud pour sa conférence de presse de rentrée.

Au total, 730.000 des 812.000 candidats initiaux (lycéens et étudiants en réorientation) ont obtenu au moins une proposition d'admission, soit 89,8%. Les autres ont échoué au bac, obtenu une formation hors Parcoursup ou décidé de travailler.

Chez les lycéens, 92,2% ont vu au moins un de leurs vœux accepté (96% pour les bacheliers généraux, 88,8% pour les technologiques et 82,3% pour les professionnels). "Parcoursup a pleinement fonctionné", a estimé la ministre.

Elle s'est notamment félicitée d'une plus grande démocratisation de l'accès au supérieur, grâce à plusieurs dispositifs.

L'instauration de quotas de boursiers dans toutes les filières s'est traduite par une hausse de 21% du nombre de boursiers ayant accepté une place dans l'enseignement supérieur, à 89.000 élèves. Les prépas parisiennes, souvent très sélectives, comptent 697 boursiers cette année, contre 545 l'an dernier.

De même, des quotas de mobilité ont permis à plus de jeunes de quitter leur académie pour leurs études. Les détracteurs de Parcoursup avaient accusé la plateforme de discrimination envers les jeunes scolarisés en banlieue, et notamment en Seine-Saint-Denis.

Or le nombre de jeunes de l'académie de Créteil (qui comprend le 93) ayant reçu une proposition de formation à Paris a progressé de 65%. Même si, in fine, ils n'ont été que 7.670 à l'accepter, un nombre équivalent à 2017, car ils ont préféré une autre proposition.

- Des dossiers "anonymisés" -

Enfin, le nombre de bacheliers pro acceptés en BTS a augmenté de 23% (44.400) et celui des bacheliers techno acceptés en IUT de 19% (16.800).

Pour répondre aux inquiétudes de jeunes issus de quartiers moins favorisés, la ministre veut une "anonymisation des dossiers", en supprimant la transmission aux établissements des informations non nécessaires à l'appréciation du dossier (nom, prénom, lieu de résidence). Mais le lycée d'origine du jeune resterait.

Des "ajustements" sont cependant nécessaires, "année après année", selon Frédérique Vidal. Et "le calendrier est le point majeur d'amélioration du dispositif".

Par sa lenteur, le processus a généré de l'angoisse pendant l'été chez les jeunes qui n'étaient pas fixés sur leur sort. Il a aussi posé des difficultés d'organisation aux universités et surtout aux lycées, qui pour certains ne connaissaient pas la liste définitive des élèves de classes préparatoires et de BTS fin août, à quelques jours de la rentrée.

L'an prochain, la première phase sera achevée "au plus tard fin juillet", et non début septembre comme cette année, a annoncé la ministre. "Nous le pouvons d’autant plus que fin juillet, près de 97% des candidats" de la phase principale "avaient déjà accepté la proposition qu’ils allaient conserver jusqu’à la fin de la procédure".

A l'avenir, le mois d'août sera donc dédié à l'accompagnement des jeunes sans affectation par les commissions rectorales. Et les inscriptions administratives dans les universités et les lycées (BTS et prépas) pourront être quasi-finalisées fin juillet. Le détail du nouveau calendrier de la procédure sera annoncé après les vacances de la Toussaint.

La plateforme Parcoursup publiera aussi le rang du dernier candidat accepté dans chaque formation, pour permettre aux jeunes d'évaluer leurs chances d'obtenir une place.

Autre piste d'amélioration: un raccourcissement des délais de réponse laissés aux candidats, notamment au début de la procédure. Mais "pour l'heure, il n'y a pas encore de consensus sur ce sujet et nous continuons d'y travailler", a indiqué Mme Vidal.

En revanche, un retour à une forme de hiérarchisation, avec un classement de leurs vœux par les candidats, est exclu.

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