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Paris: le préfet de police crée la polémique en liant hospitalisation et non-confinement

Paris: le préfet de police crée la polémique en liant hospitalisation et non-confinement
Le préfet de police de Paris Didier Lallement sur un point de contrôle routier sur le périphérique à Paris le 3 avril 2020GEOFFROY VAN DER HASSELT

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Le préfet de police Didier Lallement a suscité des réactions politiques indignées vendredi en établissant un lien entre l'hospitalisation des patients et le non-respect du confinement décrété face au coronavirus, des propos qu'il a ensuite regrettés.

"Ceux qui sont aujourd'hui hospitalisés, ceux qu'on trouve dans les réanimations, ce sont ceux qui, au début du confinement, ne l'ont pas respecté, c'est très simple, il y a une corrélation très simple", avait déclaré le préfet de police vendredi matin lors d'un point presse sur un contrôle routier pour dissuader les départs en vacances.

M. Lallement "regrette les propos qu'il a tenus ce matin lors d’une opération de contrôle des mesures de confinement et tient à les rectifier", a ensuite indiqué la préfecture de police dans un communiqué.

"L'intention n'était pas d'établir un lien direct entre le non-respect des consignes sanitaires et la présence de malades en réanimation", mais "de rappeler la nécessité d'une stricte application du confinement dans cette période, pour la protection de la santé de chacun", a précisé la préfecture.

"Ce propos du préfet de police est inexact. Ce qui est vrai, c'est que le bon respect du confinement est un enjeu sanitaire majeur", a-t-on précisé dans l'entourage du ministre de l'Intérieur.

Après la diffusion des propos du préfet, Christophe Castaner l'a appelé et lui a demandé de rédiger un communiqué, a rapporté à l'AFP une source proche du dossier.

Plusieurs responsables politiques ont rapidement condamné "l'arrogance" ou les "insanités" de ces propos.

"L'autorité n'est pas la brutalité et le maintien de l'ordre n'est pas le jugement moral de nos concitoyens. En plus de méthodes très contestables et contestées, le préfet Lallement sort régulièrement de son devoir de réserve. Combien de temps encore?" s'est interrogé le député LREM Aurélien Taché sur Twitter.

"Il y a, en réanimation, des policiers et des personnels soignants sans protection adéquate, des caissières, des personnes âgées en Ehpad. Ces propos totalement stupides sont de surcroît d'une froideur et d'une méchanceté qui donnent la nausée", a affirmé la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen tandis que son numéro 2 Jordan Bardella déplorait une "arrogance très malvenue".

Le député LR des Alpes-maritimes Eric Ciotti a lui déploré des "propos révoltants et profondément inhumains".

A gauche le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a vu dans le préfet de police la "face grimaçante du régime" pour qui "ceux qui sont malades ou qui sont morts l'ont bien cherché", tandis que la députée Clémentine Autain affirmait que "l'exigence de sa démission, il l'a bien cherchée".

Pour le premier secrétaire du PS Olivier Faure, ces propos "sont absolument scandaleux. C'est de la folie". "Ce préfet a décidément dépassé tous les seuils de tolérance possibles. Il n'est à l'évidence pas à sa place", a-t-il ajouté sur BFMTV.

"Le préfet Lallement est devenu le préfet des insanités", a renchéri le candidat écologiste à la mairie de Paris David Belliard.

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