Pays-Bas : municipales éclipsées par un référendum, les deux camps au coude-à-coude

(Belga) Les Néerlandais étaient appelés à voter mercredi pour les élections municipales mais la surprise dans les urnes est venue du référendum organisé le même jour sur une loi concernant les services de renseignement, le "oui" et le "non" étant au coude-à-coude selon les premières estimations.

Si les élections municipales constituaient un enjeu important pour l'extrême droite, qui a fait son entrée dans les conseils municipaux de deux grandes villes, le débat politique était dominé par le référendum consultatif sur un texte porté par le gouvernement et qui a scindé la population néerlandaise en deux. La loi, qui doit entrer en vigueur le 1er mai, confère aux services de renseignements généraux et de sécurité néerlandais des pouvoirs étendus sur la toile, notamment en leur ouvrant l'accès aux données des internautes dans le cadre d'enquêtes sur des activités djihadistes. Alors que les sondages prévoyaient une approbation quasi-certaine du texte, les deux camps sont au coude-à-coude : d'après les premières estimations, 49% des électeurs ont choisi de soutenir le projet de loi, tandis que 48% se sont exprimés contre et 3% ont voté blanc. Le Premier ministre Mark Rutte, qui a voté "pour" dans un bureau de vote installé dans une école primaire de La Haye, s'est dit prêt à revoir le texte en cas de victoire écrasante du "non" le 29 mars, date du résultat définitif du référendum consultatif. Des organisations de défense des droits de l'Homme redoutent qu'avec cette loi, des données privées n'ayant aucun rapport avec les enquêtes en cours ne soient récupérées par les services de renseignement en marge de leurs investigations. Ces critiques ont trouvé un écho au sein de la population comme dans ce bureau de vote installé à bord d'un tramway à La Haye, où Andrea Vonk, 77 ans, a voté contre la loi de crainte que ses données personnelles ne "soient vues par tout le monde". Des millions d'électeurs se sont succédé dans les isoloirs pour choisir les conseillers municipaux des 380 communes. Le taux de participation semble légèrement supérieur à celui des précédentes municipales : 46,7% des électeurs ont voté, contre 45,1% en 2014. Bien qu'il faille attendre jeudi pour connaître les chiffres définitifs, la victoire revient aux écologistes : GroenLinks devient le plus grand parti dans deux des principales villes des Pays-Bas, la capitale, Amsterdam et Utrecht (centre). "Je suis très fier, ce sont des résultats historiques pour notre parti", a déclaré dans un discours le jeune leader des écologistes, Jesse Klaver. Les travaillistes (PvdA) et les progressistes (D66) enregistrent des revers dans la plupart des grandes villes, tandis que le parti libéral (VVD) du Premier ministre a obtenu de petites victoires. L'homme fort de l'opposition au gouvernement, le député anti-islam Geert Wilders, espérait étendre son influence et assurer son ancrage au niveau local. Représenté dans les municipalités de La Haye et d'Almere (nord) avant les élections, son Parti pour la liberté (PVV) a fait son entrée dans les conseils municipaux de Rotterdam et d'Utrecht, gagnant également quatre sièges à Emmen (nord) et trois à Enschede (est). Son concurrent direct, le Forum pour la démocratie, un petit parti émergent dirigé par le charismatique Thierry Baudet, a remporté pour la première fois deux sièges à Amsterdam, déjà fort de deux élus au parlement depuis les dernières élections législatives. (Belga)

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