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Penelopegate: François Fillon condamné en appel pour les emplois fictifs de sa femme

La cour d'appel a tranché: François Fillon, ancien Premier ministre français, condamné pour les emplois fictifs de sa femme
© AFP
 
 

L'ancien Premier ministre François Fillon a été condamné lundi en appel à quatre ans de prison, dont un an ferme, 375.000 euros d'amende et 10 ans d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope Fillon.

Dans ce dossier, sa femme s'est vu infliger deux ans de prison avec sursis et 375.000 euros d'amende, son ancien suppléant Marc Joulaud trois ans de prison avec sursis. De peines d'inéligibilité de deux ans et cinq ans ont en outre été prononcées à leur encontre.

Le couple et l'ancien suppléant ont enfin été condamnés à verser environ 800.000 euros à l'Assemblée nationale, partie civile.

Après l'annonce de la condamnation, les avocats de François Fillont ont déclaré qu'ils se pourvoyaient en cassation.

Pas aussi exemplaire qu'il le prétendait

L'affaire a explosé en pleine campagne présidentielle du candidat de la droite en 2017. Elle a rapidement pris le nom de sa femme: le Penelopegate. "Gate" en référence au Watergate, la retentissante affaire qui avait poussé le président américain Richard Nixon à démissionner dans les années 70.

Le Penelopegate a mis en lumière les emplois fictifs de l'épouse de François Fillon. Un comble pour celui qui affirmait fin 2016 que "la politique ne doit pas être mélangée à la vie privée".

Penelope Fillon a perçu plus d'un million d'euros pour les emplois d'assistante parlementaire au coeur du dossier. Cette discrète Franco-galloise de 66 ans, à l'allure classique, s'est toujours présentée en mère fière d'avoir élevé cinq enfants, une "paysanne" discrète, amatrice de jardinage et d'équitation, "de nature réservée et peu mondaine".

Accusations d'emplois fictifs de leurs deux aînés, prêt de 50.000 euros non déclaré d'un ami, deux costumes de luxe offerts par un autre... la succession de révélations, début 2017, stoppe net l'ascension de François Fillon vers l'Elysée, qui semblait pourtant écrite après cinq ans de présidence Hollande.

La formule assassine qu'il avait employée contre Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite - "qui imagine de Gaulle mis en examen?" - lui revient alors comme un boomerang. Tout comme son image d'homme intègre, "fier de ses valeurs", défendant haut et fort l'ordre, la famille ou la grandeur de la France.

"Je ne chercherai pas à revenir", affirmait le 30 janvier 2020 M. Fillon, reconverti dans la finance et à la Fédération internationale de l'automobile (FIA).

Il a été vivement critiqué, fin février, pour avoir déploré "le refus des Occidentaux" d'entendre les revendications russes concernant l'Otan. Face à l'invasion russe en Ukraine, il a finalement démissionné de ses mandats aux conseils d'administration des entreprises russes Sibur et Zarubezhneft.

La peine peut être aménagée

Les prévenus, absents lors du prononcé de la décision en début d'après-midi à la cour d'appel de Paris, ont la possibilité de se pourvoir en cassation.

La peine de prison ferme infligée à M. Fillon est aménageable: s'il ne forme pas de recours, il sera convoqué devant un juge d'application des peines qui peut décider, par exemple, du port d'un bracelet électronique.

Peines plus légères

Ces condamnations pour détournement de fonds publics, complicité d'abus de biens sociaux et recel de ces deux délits notamment, sont plus légères que celles prononcées en première instance, le 29 juin 2020.

La cour d'appel a en effet relaxé les époux Fillon concernant le premier des trois contrats litigieux d'assistante parlementaire de Penelope Fillon, entre 1998 et 2002, "au bénéfice du doute".

La juridiction d'appel a en revanche confirmé la culpabilité des prévenus concernant le contrat entre Mme Fillon et Marc Joulaud entre 2002 et 2007, ainsi que pour le contrat entre les époux en 2012-2013.

De même, le contrat de "conseillère littéraire" de Penelope Fillon à la Revue des deux mondes a été jugé "fictif".

En première instance, l'ancien locataire de Matignon entre 2007 et 2012 s'était vu infliger cinq ans de prison, dont deux ferme, 375.000 euros et dix ans d'inéligibilité.

Son épouse avait été sanctionnée de trois ans de prison avec sursis, 375.000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité, quand M. Joulaud avait écopé de la même peine de prison assortie de 20.000 euros d'amende et de cinq ans d'inéligibilité.


 

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