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Pénicaud attend le nouveau patron du Medef sur le dialogue social

Pénicaud attend le nouveau patron du Medef sur le dialogue social
La ministre du Travail Muriel Pénicaud après le Conseil des ministres du 27 juin 2018 à Parisludovic MARIN

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a dit mercredi attendre la position du nouveau patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, sur le dialogue social et réaffirmé sa volonté d'instaurer le bonus-malus sur les contrats courts, auquel il est opposé.

La ministre a ajouté dans l'émission en ligne Ecorama (Boursorama et l'Opinion) qu'elle devait le rencontrer jeudi pour discuter de l'agenda social et de "ce qu'il compte faire comme transformation au sein du Medef".

M. Roux de Bézieux veut une "vision renouvelée du Medef, de l'entreprise", une vision "conquérante", ce qui peut "être très positif", a-t-elle commenté.

Mais "ce qui qui sera important, c'est ce qu'il fera sur le dialogue social". "Le dialogue social doit aussi être une source à la fois de développement économique et évidemment de progrès social". Sur ce point, "j'ai pas de doutes mais une attente", a relevé Mme Pénicaud.

Elle a répété que le système de bonus malus, qui vise à pénaliser les entreprises qui abusent des CDD, sera mis en place. Ce système est très critiqué par le Medef et Geoffroy Roux de Bézieux, qui a parlé d'"aberration" cette semaine.

Mme Pénicaud a critiqué les entreprises "qui ont un recours extrême aux CDD et à l'intérim". "Qu'une entreprise ou usine puisse fonctionner avec 50% d'intérimaires franchement, c'est du mauvais management. Comment voulez-vous assurer la qualité du produit? La sécurité des salariés dans ce contexte là?"

"Est-ce que c'est normal que des entreprises puissent mettre dix fois de suite la même personne au chômage aux frais de la collectivité, aux frais des autres entreprises?", a encore commenté la ministre.

La loi "Avenir professionnel" en cours d'examen au Parlement prévoit l'instauration d'un bonus malus dans l'hypothèse où les secteurs professionnels ne trouvent pas de parade contre la précarité du marché du travail d'ici au 1er janvier 2019.

"S'il n'aboutissent pas à un accord négocié qui permet de limiter la précarité excessive" alors "l'État pourrait intervenir", a assuré la ministre, utilisant le conditionnel. "On ne calera pas parce que c'est un enjeu de lutte contre la précarité et un enjeu de compétitivité", a-t-elle insisté à propos de cette promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Ce bonus-malus doit faire évoluer à la hausse ou à la baisse le taux de cotisations patronales (4,05%). Ce taux n'est pas encore arrêté, a dit Mme Pénicaud.

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