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Plus de 5.000 "gilets jaunes" mobilisés pour une marche régionale dans la Drôme

Plus de 5.000
Manifestation à l'appel des "gilets jaunes" à Valence (Drôme), le 2 février 2019JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Plus de 5.000 manifestants ont bravé froid et pluie samedi à Valence (Drôme), pour une marche régionale organisée à l'occasion de l'acte 12 du mouvement des "gilets jaunes".

Le cortège, comptant 5.400 marcheurs selon la préfecture, s'est ébranlé vers 13H30 au sud du centre-ville, dans une ambiance bon enfant.

Mais de brèves échauffourées ont éclaté lorsque les manifestants ont bifurqué vers la préfecture, contrairement à ce qui était prévu. Ce face à face tendu a pris fin quand les "gilets jaunes" ont repris leur marche dans une autre direction.

La préfecture, qui avait dit craindre la venue de casseurs, a annoncé à l'AFP l'interpellation de 18 personnes et la saisie d'une centaine "d'armes blanches ou par destination", dont des haches, des sabres, des couteaux, machettes et gourdins sur plus de 30 points de contrôle mis en place autour du centre ville.

Le maire LR de Valence Nicolas Daragon a également rapporté à l'AFP que deux policiers avaient été blessés, un CRS victime d'un jet de pavé et un autre qui se trouvait dans un véhicule dont une vitre a été brisée.

Dès la fin de la matinée, des "gilets jaunes" venus de Lyon, de Saint-Etienne, d'Ardèche, de Marseille ou de Corse notamment s'étaient rassemblés aux cris de "Macron démission" sur un parking de supermarché près de l'entrée Valence-sud de l'autoroute A7, fermée par les autorités.

Ils ont ensuite pris la direction d'un centre ville aux airs de ville fantôme, quasiment vidé de ses habitants et véhicules, alors que les commerces demeuraient fermés depuis le matin avec de nombreuses vitrines protégées par des panneaux de bois.

Un des organisateurs de la marche, Michael Bridon, manutentionnaire intérimaire de 44 ans et "gilet jaune" de la première heure à Valence, clamait son impatience face au gouvernement.

"Ca fait bientôt trois mois qu’on est dans la rue et monsieur Macron n’a plus de solution à l’urgence sociale. On ne veut plus des paroles, on veut des actes. Le gouvernement doit écouter la misère sociale", a-t-il exhorté.

"Les gens se font exploiter par des milliardaires bien placés au Cac 40, et les politiciens doivent travailler pour leur pays, pas pour leur carrière personnelle", a-t-il ajouté.

"Ca va très très mal, surtout en province. les gens des grandes villes ne se rendent pas forcément compte", abondait Thierry, maraîcher de Romans-sur-Isère.

"A Romans on a un pneumologue pour 35.000 habitants, et il est devenu impossible de trouver des généralistes. Les impôts augmentent et les services publics disparaissent", a-t-il fustigé, qualifiant le grand débat national d'"opération de communication".

"S'il continue comme ça, ça va mal finir", a poursuivi Jean-Marc, "gilet jaune" de 52 ans venu de Lyon.

La marche s'est dispersée en milieu d'après-midi, de nombreux manifestants ayant été douchés par la persistance du froid et de la pluie tout au long de cette journée.

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