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Pour Philippe Martinez, "les syndicats doivent se parler plus souvent"

Pour Philippe Martinez,
Philippe Martinez le 12 mars 2018 lors d'une manifestation à ParisJACQUES DEMARTHON

Pour peser face au gouvernement, "les syndicats doivent se parler plus souvent", et "voir ce qui (les) rassemble" estime Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, dans un entretien lundi à Libération.

Le gouvernement n'est pas à l'écoute des syndicats, regrette M. Martinez. "C'est +cause toujours, tu m'intéresses+. C'est criant pour les cheminots. Pour la réforme de la formation professionnelle ou l'assurance chômage, les échanges ont été symboliques ou inexistants".

Pour rester audibles, "les syndicats doivent se parler plus souvent. Et plutôt que de discuter de ce qui nous différencie, on doit voir ce qui nous rassemble. On tombe trop souvent dans le jeu de la division organisée par d'autres", juge le leader cégétiste.

Lors d'une réunion avec les autres secrétaires généraux mi-avril, "on a surtout parlé de choses qui nous divisent car on n'a pas la même appréciation des conflits en cours. Mais il faut qu'on continue à se voir, c'est obligatoire, les salariés nous attendent", insiste-t-il, à la veille d'un 1er Mai syndical en ordre dispersé.

"La CFDT considère qu'il faut aller au bout de la discussion. Mais c'est où le bout de la discussion? Quand on n'arrive pas à se faire entendre, on pense, à la CGT, qu'il faut passer à une autre étape", souligne-t-il.

Il note cependant que "dans des endroits comme Lille, il y aura une unité totale. Même chose chez les cheminots, les fonctionnaires, à Air France ou Carrefour. Il y a un décalage entre les postures confédérales et la réalité de terrain".

Quant au nouveau patron de FO, Pascal Pavageau, qui vient de succéder à Jean-Claude Mailly, ce qu'il dit "sur la question unitaire, ses critiques sur le gouvernement, c'est plutôt bien", juge M. Martinez.

M. Pavageau avait indiqué la semaine qu'il prendrait contact dès cette semaine avec les autres syndicats dans la perspective d'une "mobilisation interprofessionnelle".

Dans Libération, M. Martinez explique aussi pourquoi il ne participera pas à la journée du 5 mai organisée par le député insoumis François Ruffin: "Le message de la mobilisation, c'est +faire la fête à Macron+. Ca veut dire quoi? Pour nous, syndicalement, ce n'est pas assez concret".

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