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Présidentielle en Ukraine : Timochenko retire son recours en justice

Ioulia Timochenko, le Premier ministre ukrainien, a annoncé samedi qu'elle renonçait à son recours contestant la victoire à la présidentielle de son rival pro-russe, Viktor Ianoukovitch, accusant de partialité les juges qui examinaient le dossier.

"De facto, ils ont refusé d'étudier les preuves", a lancé le chef du gouvernement, qui voulait que la justice examine les originaux de documents de certaines commissions électorales et entende une quinzaine de témoins.

"Il est évident que ceci (...) n'est pas la justice. J'ai été confrontée au même problème auquel font face d'autres citoyens de notre pays, celui de l'impossibilité de défendre ses droits au tribunal", a-t-elle déclaré avant de quitter la Cour administrative suprême par une porte de service pour échapper à la foule réunie devant le bâtiment.

Une cinquantaine de juges planchaient depuis vendredi sur le recours de Ioulia Timochenko, leur demandant d'invalider la victoire "malhonnête" de Viktor Ianoukovitch à l'issue du deuxième tour de l'élection présidentielle du 7 février.

"La Cour a décidé" de "satisfaire à la requête" de Mme Timochenko et de "ne pas examiner" son recours demandant l'annulation des résultats du second tour de la présidentielle, a déclaré le juge chargé du dossier, Olexandre Netchytaïlo, avant de clore le procès.

Mme Timochenko, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite électorale, a aussi indiqué aux journalistes qu'elle ne comptait pas entamer de poursuites devant la Cour suprême. "Cela n'est pas prévu par la loi", a-t-elle dit, laissant entendre qu'elle renonçait à contester la victoire de son adversaire.

Un haut responsable du bloc Timochenko, Andri Kojemiakine, a par ailleurs déclaré que d'autres recours en justice étaient improbables : "je pense qu'il n'y en aura pas". "C'est inutile de transformer cela en un show et de multiplier les refus des juges", a-t-il ajouté.

Le camp de M. Ianoukovitch, qui a déposé vendredi au Parlement un projet de motion de censure contre le chef du gouvernement, a estimé que Mme Timochenko avait voulu éviter l'humiliation d'une décision défavorable.

"L'état émotionnel de Timochenko ne lui permet pas de reconnaître (directement) sa défaite. Mais elle l'a fait de façon originale pour ne pas avoir à attendre ce que dira le tribunal", a commenté le vice-président du Parlement Olexandre Lavrinovitch, qui représente M. Ianoukovitch au tribunal.

Mme Timochenko, à qui il a manqué près de 900.000 voix pour être élue, refuse de reconnaître sa défaite, arguant de fraudes massives, bien que les observateurs internationaux aient jugé le scrutin libre et transparent.

Si le Premier ministre renonce aux poursuites, rien n'empêchera plus Viktor Ianoukovitch de devenir le quatrième président ukrainien depuis l'indépendance du pays en 1991.

L'opposant dont l'investiture est programmée pour jeudi succédera ainsi au pro-occidental Viktor Iouchtchenko, qui cinq ans plus tôt l'avait privé de la magistrature suprême.

La "victoire" électorale de M. Ianoukovitch avait alors été annulée pour fraudes sous la pression d'un soulèvement populaire pacifique et pro-occidental, baptisé la Révolution orange, qui porta au pouvoir M. Iouchtchenko.

Ce dernier, qui entretient de très mauvais rapports avec les deux finalistes de la présidentielle, a néanmoins téléphoné M. Ianoukovitch pour le féliciter de sa "victoire légitime", a annoncé samedi la présidence.

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