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Quand des blagues sur Macron s'invitent chez Shakespeare à la Comédie-Française

Quand des blagues sur Macron s'invitent chez Shakespeare à la Comédie-Française
Le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier pose lors d'une session photo à la Comédie-Française à Paris, le 19 septembre 2018STEPHANE DE SAKUTIN

Emmanuel Macron à la Comédie-Française? Le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier a choisi de reprendre à son compte les blagues des internautes sur le président dans sa version en français d'une comédie de Shakespeare à la "maison de Molière".

En plein milieu de "La Nuit des rois", dont la première pour la presse avait lieu lundi soir, des personnages de cette comédie truffée de quiproquos prennent le micro pour s'amuser à détourner des récentes déclarations controversées du chef de l’État.

"Benalla est allé à Pôle emploi et on lui a dit +vous n'avez qu'à traverser la rue+. Moi je suis à la Comédie-Française, je suis allé chercher du travail au Louvre, j'ai traversé la rue, mais je n'en ai pas trouvé", lance "Andrew", qui fait partie d'un quatuor de comiques dans la pièce.

"Mais c'est parce que t'as traversé une place, pas une rue!", lui réplique "Toby", en référence à la place Colette qui sépare la Comédie-Française du musée.

Les acteurs ont glissé également des références aux "Gaulois réfractaires au changement" et "Si tu veux faire la révolution, tu apprends d'abord à avoir un diplôme", autres phrases récentes d'Emmanuel Macron ayant fait réagir.

A Avignon cet été, le Lituanien Oskaras Korsunovas a choisi pour sa version du "Tartuffe" de Molière de montrer une vidéo du personnage central au milieu des supporteurs en liesse de l'équipe de France de football. Un clin d’œil également à la réaction de Macron après le sacre des Bleus au Mondial en Russie.

La version d'Ostermeier de "La nuit des rois ou tout ce que vous voulez" --une pièce montrée pour la première fois en 1602-- a pris l'allure d'une fête déjantée.

Les acteurs de la Comédie-Française, généralement habitués à des productions plus sérieuses, étaient habillés en slip et en lingerie durant les quelque trois heures du spectacle, avec des scènes de drag queen, de concert techno et de strip-tease.

A un moment, un des personnages feint de s'indigner de ces scènes, appelant au respect "du patrimoine, de l'institution" de la Comédie-Française.

Dans un entretien avec l'AFP, M. Ostermeier, le plus international des metteurs en scène allemands, connu pour ses relectures radicales de Shakespeare, avait confié avoir hésité avant de monter sa première pièce à la Comédie-Française, "la dernière forteresse du théâtre classique basé sur le texte".

Depuis la nomination d’Éric Ruf en 2014 à la tête de la plus ancienne compagnie en activité dans le monde, celle-ci s'ouvre de plus en plus aux metteurs en scène à la stature internationale, comme Ivo van Hove ou Deborah Warner.

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