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De Marseille à Saint-Malo, léger regain de mobilisation des "gilets jaunes"

De Marseille à Saint-Malo, léger regain de mobilisation des
Manifestants portant des gilets jaunes lors du défilé contre le plan social prévu par General Electric à Belfort, le 22 juin 2019SEBASTIEN BOZON

Ils étaient 11.800 selon le ministère de l'Intérieur, contre 7.000 la semaine dernière : des "gilets jaunes" se sont rassemblés samedi, de Saint-Malo à Bordeaux en passant par Marseille, où un appel national avait été lancé.

A Paris, la manifestation a réuni 1.100 personnes contre 950 la semaine dernière, selon le ministère. Elles se sont dispersés dans le calme vers 16H30, dans le IXème arrondissement.

Dans le cortège, Pascal, 58 ans, venu du Val-de-Marne : "J'ai du temps libre depuis que je me suis fait licencier au bout de 30 ans de travail. J'en profite pour éveiller les consciences".

A Marseille, quelque 500 à 600 "gilets jaunes" ont défilé depuis le Vieux-Port, encadrés par des forces de l'ordre plus visibles et nombreuses que les samedis précédents.

Le cortège a défilé sans heurt majeur, et à 17H00, la police faisait état de 12 interpellations, dont quatre pour des jets de projectiles, et huit de personnes ayant le visage masqué et casquées.

"C'était soi-disant un gros rassemblement national, mais il n'y a pas beaucoup de monde", a regretté Claire Johnson, venue de Simiane-la-Rotonde dans les Alpes-de-Haute-Provence, et habituée aux rassemblements marseillais.

"On avait un peu levé le pied, et là on est revenus. On n'a rien contre les riches, mais le partage doit se faire", a ajouté cette retraitée de 63 ans, aux côtés de son mari Paul. Cette assistante maternelle ne touche que 1.000 euros de pension mais explique devoir payer 1.400 euros de loyer et être contrainte de continuer à faire des heures.

Derrière les "gilets jaunes", quelques dizaines de militants CGT, dont son chef de file dans les Bouches-du-Rhône, Olivier Mateu. "La persistance des manifestations, c'est l'illustration du décalage entre les politiques, leurs annonces et le ressenti réel. La vie chère, c'est une réalité pour tous".

- Soutien aux salariés de GE à Belfort -

Parmi les autres rassemblements, pour cet "acte 32", des "gilets jaunes" ont rejoint la manifestation de soutien aux salariés de General Electric à Belfort. 300 d'entre eux ont ensuite tenté de brûler une palette devant le site industriel.

Ils étaient quelques centaines à Toulouse, une mobilisation faible pour cette ville, plus de 200 à Lille selon une source policière, plusieurs dizaines à Avranches (Manche), et 750 selon la préfecture à Bordeaux, où la mobilisation a connu un petit sursaut.

Des incidents ont éclaté à Charleville-Mézières (Ardennes), où la manifestation, non déclarée, a donné lieu à "des violences" envers les forces de l'ordre, selon la préfecture : "jets de pierres, de projectiles divers, de gros pétards", "plusieurs dégradations ont été commises" et 13 personnes ont été interpellées.

Dans l'Oise, le sous-préfet de Clermont Michaël Chevrier, venu sur le péage de Chamant, près de Senlis, ou avait lieu une "opération péage gratuit" organisée par des "gilets jaunes", a été victime de "tentatives d'intimidations", sans agression physique, a indiqué la préfecture confirmant une information du Parisien.

Dans plusieurs départements comme l'Hérault (200 manifestants au total dans ce département), des rassemblements ont aussi eu lieu sur des ronds-points ou des barrières de péage, des "gilets jaunes" tentant des opérations péage gratuit.

40 à 50 "gilets jaunes" ont bloqué le port de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) dans la matinée et le trafic des ferries a été perturbé. La gendarmerie a arrêté six personnes, notamment pour "entrave à la circulation", à Frouard (Meurthe-et-Moselle).

Le matin, un automobiliste d'une quarantaine d'années avait été placé en garde à vue après avoir forcé un barrage sur un rond-point de Saint-Avold (Moselle), et blessé légèrement un "gilet jaune", selon la police.

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