Redoine Faïd, traqué "par une centaine de policiers spécialisés", recherché également en Belgique

Redoine Faïd, traqué

Le braqueur Redoine Faïd est désormais traqué par "une centaine de policiers spécialisés" après son évasion spectaculaire de la prison de Réau en France. Un établissement jugé mardi "adapté" par la ministre de la Justice en dépit des critiques. L'homme qui s'était déjà évade serait également recherché sur le sol belge.

Le braqueur récidiviste Redoine Faïd, qui s'est évadé de façon spectaculaire d'une prison de la région parisienne dimanche, est "un homme dangereux", "qui a déjà tué", désormais traqué "par une centaine de policiers spécialisés", a déclaré mardi un haut responsable de la police judiciaire. "L'évasion elle-même a été mûrement réfléchie et faite probablement par des membres du grand banditisme. Ce n'est pas quelque chose qui s'improvise", a affirmé Philippe Veroni, chef de la sous-direction de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière (SDLCODF), dans un rare exercice de communication devant la presse. D'après le quotidien la Dernière Heure, Redoine Faïd ferait également l'objet de recherche sur le territoire belge. Le Fast belge, la section spécialisée dans la traque de fugitifs en Belgique, a été contacté par leurs collègues français afin de solliciter de l'aide. L'homme pourrait avoir rejoint la capitale belge, toujours selon la DH.

Un commando prêt à prendre des risques

Selon les premières constatations des enquêteurs, c'est un commando composé de quatre à cinq personnes "non-identifiées" qui a aidé le fugitif dans les premières heures de sa cavale. Ce sont "probablement des fidèles qui acceptent de prendre des risques conséquents", a avancé M. Veroni. "Des gens qui ont travaillé avec lui ou qui veulent travailler avec lui", a encore décrit le patron de la SDLCODF. Lors de cette évasion, ils ont eu recours à un pilote d'hélicoptère et "s'étaient déjà présentés auparavant pour organiser ce type de vols", il y a "plusieurs semaines", a précisé M. Veroni. "Habitué à la cavale", Redoine Faïd a été présenté par la police judiciaire comme un "individu dangereux", "un criminel qui a déjà tué", une référence à l'affaire du braquage raté qui a coûté la vie à une policière municipale en 2010 et pour lequel Faïd, considéré comme "l'organisateur" de l'opération, a été condamné à 25 ans de prison en appel en avril dernier.

La ministre de la Justice, cible des critiques

Si quelque 2.900 policiers et gendarmes ont été mobilisés sur tout le territoire français lors des premières heures qui ont suivi l'évasion, ce sont désormais une centaine de policiers spécialisés de la police judiciaire qui se concentrent sur la traque de Redoine Faïd qui s'était déjà échappé de la prison de Lille-Sequedin en 2013 avant d'être repris six semaines plus tard en banlieue parisienne. Redoine Faïd "peut reprendre le métier ou peut prendre la fuite à l'étranger pour se faire oublier", selon M. Veroni. "Pour l'instant, on se concentre sur le territoire national", a-t-il ajouté, en ne se prononçant pas sur la durée de la traque du fugitif le plus recherché de France. De son côté, la ministre française de la Justice Nicole Belloubet a répondu aux critiques syndicales sur le lieu d'incarcération de Redoine Faïd - le centre pénitentiaire de Réau (région parisienne) - en réaffirmant que cette prison, "moderne" et sécurisée", était "adaptée pour ce type de détenus", a-t-elle déclaré lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

Vos commentaires