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Référendum d'indépendance en Nouvelle-Calédonie: Philippe annonce un "compromis" sur la question posée

Référendum d'indépendance en Nouvelle-Calédonie: Philippe annonce un
Le Premier ministre Edouard Philippe lors d'une intervention à l'Assemblée nationale, à Paris, le 27 mars 2018FRANCOIS GUILLOT

Edouard Philippe a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi "un compromis" sur la formulation de la question qui sera posée lors du référendum d'indépendance du 4 novembre en Nouvelle-Calédonie, au terme d'une réunion marathon avec les élus calédoniens à Matignon.

Cette formulation, "qui est un compromis" selon la déclaration finale de la réunion, sera la suivante : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?", avec un bulletin "oui" et un bulletin "non", a annoncé le Premier ministre.

Ce choix, que M. Philippe a indiqué avoir "proposé" lors des débats, a été fait après plus de quinze heures de réunion du comité des signataires de l'accord de Nouméa, dont une phase finale de plus de sept heures à Matignon qui s'est prolongée jusque tard dans la nuit.

La formulation, qui va être soumise au Conseil d'Etat en vue de l'examen du décret convoquant les électeurs, "a un sens politique profond : elle permet à chacune des forces politiques de se positionner clairement", a fait valoir le Premier ministre lors d'une déclaration nocturne à la presse, au côté des élus calédoniens et de la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

En choisissant les deux termes de "pleine souveraineté" et d'"indépendance", le chef du gouvernement a en effet tenté de concilier les positions, avant la visite d'Emmanuel Macron dans l'archipel français du Pacifique, attendue début mai.

Les indépendantistes du FLNKS souhaitaient que la question fasse référence à la "pleine souveraineté" et pas à l'indépendance, mais une partie de la droite loyaliste souhaitait que les choix soient posés entre "indépendance" et "maintien dans la France". Le principal parti loyaliste, Calédonie ensemble, était ouvert à une référence soit à la pleine souveraineté soit à l'indépendance.

"Les membres du comité des signataires considèrent que cette formulation, qui est un compromis, est conforme aux principes de clarté, de loyauté et de sincérité", est-il écrit dans le relevé des conclusions du 17e comité des signataires de l'accord de Nouméa.

Cet accord signé en 1998 pose les jalons de ce référendum d'indépendance qui devait être organisé au plus tard cette année.

L'émergence d'un compromis est une bonne nouvelle pour le gouvernement et le processus néo-calédonien, alors que les tensions politiciennes étaient remontées d'un cran ces dernières semaines, sur fond de controverses au sein du camp non indépendantiste.

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