En ce moment
 

Réforme ferroviaire: terminus au Parlement, 30e jour de grève SNCF

Terminus au Parlement pour le toujours contesté projet de réforme ferroviaire: l'Assemblée va voter définitivement mercredi, avant le Sénat jeudi, alors que la poursuite de la grève pendant le bac, critiquée par le gouvernement, divise les syndicats.

La grève, la plus longue des 30 dernières années à la SNCF, se poursuit mercredi pour son 30e jour, avec deux TGV sur trois, trois Transilien sur cinq, un TER ou Intercités sur deux en moyenne.

Les députés vont se prononcer lors d'un ultime vote en milieu d'après-midi sur le projet de loi porté par la ministre des Transports Élisabeth Borne, qui prévoit de transformer la SNCF en société anonyme, de fixer le calendrier de l'ouverture à la concurrence prévue au niveau européen, et de supprimer l'embauche au statut dans l'entreprise historique.

Cette "réforme nécessaire" permettra "d’assainir financièrement la SNCF, de régénérer le réseau et d’avoir un niveau de qualité de service qui soit satisfaisant à nouveau", a martelé mardi le rapporteur à l'Assemblée, Jean-Baptiste Djebbari (LREM).

Le texte a été retouché depuis trois mois dans les deux chambres, sur fond de concertations avec les syndicats, avec de nouvelles garanties pour les salariés du groupe ferroviaire et un recours moindre qu'annoncé du gouvernement aux ordonnances.

Outre la majorité LREM-MoDem, la plupart des LR et UDI-Agir devraient voter pour, et les trois groupes de gauche - socialistes, communistes et Insoumis - contre "un chèque en blanc" au gouvernement et contre "le premier temps d'une privatisation", comme en première lecture mi-avril.

L'adoption définitive jeudi au Sénat, à majorité de droite, ne sera également qu'une formalité, après l'accord députés-sénateurs sur une version commune du texte lundi en commission mixte paritaire. La gauche a critiqué "un pacte LR-LREM" au détriment des cheminots.

Parmi les derniers ajouts, le "sac à dos social" en cas de transfert à un autre prestataire a été étendu à l'ensemble des salariés du groupe ferroviaire.

- "Parenthèse" pour le bac -

Depuis le début de la semaine, les appels à arrêter la grève se multiplient, alors que des arrêts de travail sont prévus jusqu'au 28 juin, toujours au rythme de "deux jours sur cinq".

Les syndicats "doivent mesurer leur responsabilité s'agissant de tous ceux qui vont passer le baccalauréat" la semaine prochaine, a lancé Edouard Philippe mardi. "Le gouvernement a pris ses responsabilités, en indiquant que l’État reprendrait 35 milliards d’euros de dette", a plaidé le Premier ministre.

La CFDT-Cheminots (4e syndicat), bien que se déclarant "en colère et mobilisée" contre la réforme, a appelé à suspendre le conflit durant la période du baccalauréat (18 au 25 juin inclus), du moins sur les TER et RER. La semaine dernière, l'Unsa-ferroviaire (2e syndicat) avait proposé vainement à l'intersyndicale de "mettre la grève entre parenthèses" pendant l'épreuve.

"Les syndicats ont montré leur responsabilité et mènent un conflit intelligent", selon le député PCF Sébastien Jumel, s'en remettant à leur décision.

Une intersyndicale CGT, Unsa, SUD et CFDT doit se retrouver mercredi.

"On est encore loin d'une sortie de grève" à la SNCF, a estimé de son côté Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui demande au gouvernement d'intervenir dans les négociations de la future convention collective du secteur ferroviaire. Cette convention, objet d'une réunion vendredi, remplacera le statut des cheminots à partir du 1er janvier 2020 pour les nouveaux embauchés à la SNCF.

Porte-parole de La République en marche, le député Gabriel Attal juge qu'"il faut passer à autre chose" que la grève, même si à l'approche des élections professionnelles, "ça influe sur la position de chacun" selon lui.

Les responsables CFDT-cheminots et le numéro un de la centrale Laurent Berger "ont vraiment travaillé avec nous" et "joué le jeu", a-t-il aussi salué sur Public Sénat.

Mardi, alors qu'ils espéraient un rebond, les syndicats n'ont pas réussi à faire décoller la mobilisation, à l'occasion d'une "journée de la colère cheminote". La direction recensait 17,63% de grévistes au total en milieu de matinée, soit moins que pour la "Journée sans cheminots" du 14 mai.

Vos commentaires