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Rémunération des fonctionnaires: peu d'annonces, un rendez-vous "manqué", selon les syndicats

Rémunération des fonctionnaires: peu d'annonces, un rendez-vous
Le secrétaire d'Etat à la fonction publique Olivier Dussopt à l'Elysée, le 12 juin 2018LUDOVIC MARIN

Le gouvernement a confirmé lundi le gel du point d'indice servant au calcul de la rémunération de plus de cinq millions de fonctionnaires pour 2019 et la reprise d'un programme de revalorisation des carrières, un rendez-vous salarial "manqué" selon les syndicats, sortis "mécontents" et "déçus" de la réunion.

Alors que les organisations syndicales réclamaient des "mesures générales", et notamment la revalorisation de la valeur du point d'indice, gelé entre 2010 et 2016 puis de nouveau en 2018, l'exécutif a maintenu ce gel pour 2019 et n'a annoncé que des mesures "périphériques", a déploré Baptiste Talbot (CGT, 1er syndicat de la fonction publique), qui relèvent plus "de l'action sociale", abonde Solidaires (6e).

Le secrétaire d'Etat à la fonction publique Olivier Dussopt a par ailleurs confirmé la reprise de l'application du protocole d'accord PPCR, conclu sous le gouvernement précédent et que l'actuel avait suspendu pour 12 mois par mesure d'économies. Son financement représentera 840.000 euros en 2019, selon un communiqué de Bercy, 11 milliards sur la période 2017-2021.

Ce programme prévoit par exemple "le passage de la catégorie B à la catégorie A (la plus haute, ndlr) de la filière sociale", a rappelé M. Dussopt. Il représente "un effort considérable", et "c'est une des raisons, (...) qui nous amènent à ne pas programmer de revalorisation du point d'indice", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le gouvernement "se retranche" derrière l'accord sur les carrières, a dénoncé Christian Grolier (FO, 3e). Si "sa politique salariale pour la fonction publique, ce n'est que financer les mesures du gouvernement précédent, c'est très réducteur", a-t-il critiqué, faisant part à l'AFP de son "mécontentement" et de sa "déception".

PPCR ne concerne "pas les agents contractuels", rappelle pour sa part l'Unsa (4e) dans un communiqué, fustigeant "une obstination qui paraît aujourd'hui de plus en plus idéologique" et un rendez-vous salarial sous forme de "rendez-vous manqué".

-Pas "à la hauteur"-

Pour ce qui est des annonces, le gouvernement a fait savoir qu'il revaloriserait de dix euros les jours de congés rachetés dans le cadre du compte épargne temps (CET), de façon uniforme pour toutes les catégories (par exemple de 60 à 70 euros pour la catégorie C, la plus basse), mais uniquement pour les fonctionnaires d'État et territoriaux.

"On demande l'auto-financement aux agents de l'augmentation de leur pouvoir d'achat", a cinglé Gaëlle Martinez (Solidaires). "Injuste" pour les agents qui n'ont pas de CET, comme ceux "à temps partiel", a renchéri l'Unsa.

En outre, pour le versant hospitalier -le plus concerné, relève la CGT- le gouvernement renvoie à une concertation menée par la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Même chose pour les annonces "catégorielles" promises par le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin, en faveur des fonctionnaires les plus "mal payés", comme les infirmières.

M. Dussopt a enfin annoncé que la garantie individuelle de pouvoir d'achat (GIPA) serait reconduite en 2018, et les indemnités de mission des agents revalorisées. Sur ce dernier point, "les taux de nuitées seront significativement augmentés" et l'indemnité kilométrique sera revalorisée "de 17%", précise Bercy.

Ces mesures, que Bercy n'a pas chiffrées, sont "loin d'être à la hauteur d'un rendez-vous salarial", a reproché Mylène Jacquot (CFDT, 2e syndicat). Aucune "ne concernera l'ensemble des personnels", a-t-elle regretté.

La FSU (5e) a fustigé dans un communiqué des annonces qui "vont encore pénaliser les agents". "Emmanuel Macron ne tient pas sa promesse" de campagne "d'améliorer le pouvoir d'achat de tous les salariés", souligne le syndicat.

Avant la réunion, environ 200 agents s'étaient réunis "symboliquement" devant le ministère de l'Economie.

Malgré les journées de grève et de manifestation du 22 mars et du 22 mai -à l'appel unitaire de toutes les organisations pour cette dernière-, les syndicats n'ont pas réussi à peser sur ce "rendez-vous salarial" qu'ils étaient pourtant parvenus à décaler. Initialement prévu en octobre, il avait été avancé à leur demande afin de se tenir avant les arbitrages budgétaires.

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