En ce moment
 

Rixe entre les rappeurs Booba et Kaaris à l'aéroport d'Orly: les deux rivaux "responsables", 1 an de prison avec sursis requis

Rixe entre les rappeurs Booba et Kaaris à l'aéroport d'Orly: les deux rivaux

Le parquet a requis jeudi soir un an de prison avec sursis contre les rappeurs Booba et Kaaris pour leur rixe à l'aéroport d'Orly, et réclamé des peines allant jusqu'à huit mois d'emprisonnement ferme pour les membres de leurs clans respectifs.

Un mois après leur bagarre en plein aéroport d’Orly, et après avoir passé trois semaines en détention provisoire, les ennemis du rap Booba et Kaaris comparaissaient libres ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Créteil, en France. Le procureur a estimé que la responsabilité des violences était partagée, et a requis un an de prison avec sursis contre les deux rappeurs, selon les médias français. Le procureur a désigné la rixe comme un "spectacle indigne et ridicule", durant lequel les prévenus avaient "perdu toute lucidité" et "entraîné leurs gardes rapprochées" dans la bagarre. 


"Ce n’est pas bien ce qui s’est passé"

Chaque clan plaidait la légitime défense. Kaaris a présenté ses excuses à la barre: "Ce n’est pas bien ce qui s’est passé, je présente mes excuses aux personnes choquées par les images", a-t-il déclaré, assurant qu’il avait donné des coups pour se défendre, peut-on lire sur France TV Info. Quant à Booba, il a expliqué qu’il cherchait simplement à prendre son avion et qu’il s’était senti "menacé" par Kaaris et son groupe, raison pour laquelle il avait tenté un "coup d’intimidation".

Après le visionnage de nombreuses images de vidéosurveillance, le procureur a expliqué que Booba avait porté le "premier coup de pied", mais que Kaaris était venu, le premier, au contact. Ensuite, "chacun des accompagnants ne peut pas faire autrement qu'intervenir". L'un comme l'autre ont été désignés comme responsables. 

En ce qui concerne les membres des clans respectifs, des peines allant jusqu’à 8 mois d’emprisonnement ferme ont été requises. Le procureur a réclamé la relaxe d'un membre de l'équipe accompagnant Booba, qui s'est tenu à l'écart de la cohue. 


"Cette rencontre ne pouvait que se conclure par une confrontation physique"

Si chacun devait embarquer dans le même avion pour Barcelone, l'enquête ne permet pas de démontrer un guet-apens de la part d'un des deux camps, selon le parquet. Loin du coup marketing, "cette rencontre est fortuite", a estimé le procureur.

"Sous le regard des passagers et des réseaux sociaux, cette rencontre ne pouvait que se conclure par une confrontation physique", a regretté le magistrat. Booba et Kaaris "se sont créé des personnages forts, puissants violents, excessifs et déterminés", a-t-il décrit.

Booba, Elie Yaffa de son vrai nom, et Kaaris, Gnakouri Okou à l'état-civil, entretiennent depuis des années une rivalité à coups de "clashs" sur Internet.


Ils ont "perdu toute lucidité"

Dans ce contexte, "baisser les yeux, détourner le regard, ignorer l'autre, c'est déjà perdre la face", a résumé le procureur. Il a fustigé deux hommes qui "ont perdu toute lucidité", mus par la peur de "devenir la risée de leur entourage, mais aussi la risée d'internet".

"Je souhaite simplement que cette audience les renvoie tous à leurs responsabilités", a poursuivi le magistrat, en rappelant que les deux rappeurs étaient également "chefs d'entreprise" et "pères de familles".

"Le retour à la réalité est cruel", a-t-il conclu, "il illustre que leurs avatars sont un peu plus courageux qu'eux".

Le jugement devrait mis en délibéré ce jeudi soir.
 

Rappel des faits

Les deux rappeurs ennemis ont passé trois semaines en détention provisoire avant d'être libérés en appel fin août. Interdits de quitter la France et obligés de verser une caution de 30.000 euros chacun, ils ont comparu libres devant le tribunal correctionnel de Créteil (région parisienne), qui les avait envoyés derrière les barreaux.

Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, 41 ans, et Gnakouri Okou, alias Kaaris, 38 ans, sont jugés pour violences aggravées et vols en réunion, avec neuf membres de leurs clans respectifs impliqués dans la rixe. Ils risquent jusqu'à dix ans de prison. Le 1er août, les deux rappeurs attendaient le même avion pour se rendre à Barcelone, où chacun doit donner un concert. En salle d'embarquement, l'entrevue entre "B2O" et son ancien poulain, "K2A", tourne à la bataille rangée. Sept contre quatre, le clan Booba affronte celui de Kaaris, au milieu de passagers éberlués filmant la scène avec leurs smartphones. La boutique duty free à proximité sert à la fois d'arène et de réservoir à projectiles.

Bilan: quelques blessés légers, un clash qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux, plusieurs vols retardés et plus de 50.000 euros de dégâts matériels. Aéroports de Paris, Air France et le propriétaire de la boutique ont porté plainte. Depuis, les deux rappeurs français se rejettent la responsabilité.

Vos commentaires