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Ses élèves devaient l'appeler "Papa d'amour": un professeur de chant jugé pour viols et agressions sexuelles en France

Ses élèves devaient l'appeler
Image d'illustration

Un ancien professeur de chant comparaît jeudi pour viols, agressions sexuelles et corruptions de mineurs sur dix anciennes élèves d'un établissement scolaire catholique de Moulins entre 2007 et 2010.

Jugé jusqu'à mardi par la cour d'assises de l'Allier, Jean-Philippe Galerie, 46 ans, encourt 20 ans de réclusion criminelle. Recruté à titre d'intervenant extérieur, ce compositeur-interprète de musique religieuse était chargé de monter avec des élèves les spectacles de fin d'année du centre scolaire Saint-Benoît. Une quarantaine de jeunes allant de la sixième à la première y participaient.

A la demande d'une professeure de musique, et ancienne conquête, il dirigeait un atelier de chant, "Atout Coeur", où il nouait des relations avec les victimes qui tenaient souvent les premiers rôles des spectacles.

Sept des dix victimes sont parties civiles. Les plaignantes, âgées de 14 à 17 ans au moment des faits, décrivent un même mode opératoire. Charmées et impressionnées par cet homme de vingt ans leur aîné, elles lient avec lui une relation affective père-fille, devenant progressivement plus intime.

Avec chacune, il fait office de confident et échange parfois quotidiennement sur Internet - via une adresse dédiée qu'il leur créait - par messagerie instantanée ou webcam, les incitant à se déshabiller devant la caméra. Jurant être "amoureux", il leur offre bijoux, parfums ou sous-vêtements. Elles devaient l'appeler "Papa d'amour".  "Il y avait une perversité donjuanesque chez l'accusé qui a profité de la naïveté de nombreuses gamines. Il leur donnait le sentiment d'être considérées comme des femmes", estime l'avocat de plusieurs victimes, Me Gilles-Jean-Portejoie.

L'accusé, qui reconnaît intégralement les faits, a déjà été condamné pour corruption de mineur à cinq mois de prison avec sursis en 2011. Ce qui ne l'avait pas empêché de continuer à intervenir dans l'établissement. C'est le témoignage d'une nouvelle jeune fille, en mai 2015, donnant le nom d'autres victimes, qui a abouti à son interpellation et son placement en détention en mars 2016.

Divorcé en 2013, l'homme est depuis en couple avec une de ses anciennes élèves, victime présumée de ses agissements citée par l'accusation. N'étant pas partie civile, elle a toujours assuré de son consentement.

Le tribunal a accordé un huis clos partiel avec autorisation des journalistes et des familles, à la demande de l'avocate de plusieurs victimes.

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