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Son fils tué: la vidéo poignante d'un père en révolte contre la Justice

 

Par l'intermédiaire d'une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux du web, Un père crie à l’injustice après le meurtre de son fils, poignardé en 2009. Car la mise en examen du principal suspect (qui a reconnu les faits) pourrait être annulée, pour vice de procédure.

C’est une information qui nous a été communiquée par un de nos internautes. Joël Censier, policier depuis 30 ans, a publié une vidéo dans laquelle il se révolte contre la Justice française, et les décisions prises suite à la mort de son fils, Jérémie, 19 ans, poignardé à sept reprises le 22 août 2009, à Nay, dans le sud-ouest de la France. L’affaire avait fait, à l'époque, couler beaucoup d'encre dans les médias français. La vidéo particulièrement poignante et révoltante fait en ce moment le tour des réseaux sociaux.

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Une question de conscience

Comme il l’explique dans la vidéo, Joël Censier n’est pas là pour faire couler les larmes ou ressasser la mort de son fils. Mais pour une question de « conscience ». Car ce qu’il dénonce, c’est « l’après ». Le principal suspect du meurtre a en effet été relâché mi-septembre pour vice de procédure. La Cour de Cassation a donné raison aux avocats du suspect qui dénonçaient un retard dans la mise en état du dossier de leur client. Et la reconnaissance du vice de forme a entraîné la libération du suspect. C’est une première dans la Justice française.  Sa plus haute juridiction a également annulé l’ensemble des procès-verbaux (PV) de la garde-à-vue (voir explication de cet article du Monde.fr), dans lesquels le suspect reconnaissait avoir poignardé Jérémie Censier.

Soutenu par l’Institut pour la Justice

Face à ces décisions « insupportables », le père a décidé de faire partie de l’Institut pour la Justice, un organisme créé en 2007 par un groupe de citoyens avec de nombreux experts (avocats, criminologues, magistrats, psychiatres, économistes, professeurs,…), dont l’ancien directeur de la police judiciaire de Paris, pour lutter contre les dysfonctionnements de la justice pénale française. Selon Xavier Bebin, le délégué général de l’Institut, les décisions de la Cour de Cassation dans cette affaire mettent en danger la procédure. Il estime que la famille de la victime n’a pas été prise en compte dans le traitement de ce vice de forme. L’affaire sera jugée « dans un délai de 6 à 8 mois » selon le président du TGI Bruno Karl, en charge du dossier. A l’Institut pour la Justice, on craint « qu’il y ait un abandon des charges avant le procès. Un non-lieu. Ou un acquittement si le procès a lieu » a expliqué le délégué général.

Le Pacte 2012 pour réformer la Justice

Le père de Jérémie souhaite que son appel soit entendu. Pour cela il a participé à l’élaboration d’un pacte, qui sera présenté à tous les candidats à l’élection présidentielle 2012. Un texte qui demande la mise en place de réformes « urgentes » du système judiciaire. Une pétition est disponible en dessous de la vidéo. Pour le père, ce sera le nombre de personnes qui auront signé qui entrainera un « poids électoral », et qui donc forcera les candidats 2012 à s’engager. A ce jour, 80.000 peines restent non-exécutées en France et selon lui, « trop de plaintes sont classées sans suite ». Pour mener à bien cette initiative, des avocats et juristes spécialisés contribuent. L’objectif serait de rencontrer chaque candidat.

Sandrine Beigas

 

 

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