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SOS Méditerranée promet des poursuites en diffamation à ceux qui "criminalisent" son action

SOS Méditerranée promet des poursuites en diffamation à ceux qui
Francis Vallat, président de l'ONG SOS Méditerranée à Marseille le 17 octobre 2018CHRISTOPHE SIMON

L'association SOS Méditerranée a promis mercredi d'attaquer en diffamation ceux qui "criminalisaient" les actions de son bateau de sauvetage en mer, l'Aquarius, en relayant "de fausses informations".

"Jusqu'à présent (...) la décision de SOS Méditerranée était de ne pas répondre aux diverses provocations, aux tentatives d'intimidation, aux diffamations (...) mais là on a franchi un palier", a souligné Francis Vallat, président de SOS Méditerranée lors d'une conférence de presse.

Le 5 octobre, 22 militants du groupuscule d'extrême droite Génération Identitaire ont fait brutalement irruption dans le siège de l'ONG à Marseille et déployé une banderole accusant SOS Méditerranée d'être "complice du trafic d'êtres humains". "Le personnel a été brutalisé, certains plaqués" puis "éjectés de force de leur bureau" quand d'autres ont été "retenus", a raconté la directrice générale de SOS Méditerranée, Sophie Beau.

Interpellés rapidement par la police, les 22 militants ont été mis en examen pour "violences en réunion", "séquestration", "participation à un groupement en vue de commettre des violences" et "enregistrement et diffusion d'images violentes".

"La suite de ces événements a libéré une parole extrêmement violente: des attaques antisémites ont été proférées à l'encontre de certains de ses membres", a indiqué l'avocat François de Cambiaire, précisant que l'association se "réservait le droit de poursuivre en justice" ces propos.

"Cette action violente a également permis de véhiculer des contre-vérités à caractère gravement diffamatoire en imputant à SOS Méditerranée d'être complice de réseaux de passeurs, de trafic d'être humains. Ces allégations sont extrêmement graves", a ajouté son confrère Sébastien Mabile.

"Nous allons systématiquement poursuivre ceux qui affirment que SOS Méditerranée est complice de réseaux de passeurs (...) et notamment des responsables politiques, des parlementaires qui ont pu relayer ces propos, les affirmer publiquement", a poursuivi l'avocat, annonçant des dépôts de plaintes dans "les jours qui viennent".

Le chef de file du Rassemblement national à Marseille, le sénateur Stéphane Ravier, avait notamment estimé que SOS Méditerranée était "bel et bien complice des trafiquants d'êtres humains" après l'action de Génération identitaire.

L'Aquarius qui s'est vu retirer son pavillon par le Panama après avoir été privé de celui de Gibraltar, est toujours à la recherche d'une nouvelle immatriculation pour poursuivre les sauvetages en mer.

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