Le procureur Mueller qualifie d'"inexactes" des allégations explosives contre Trump

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Photomontage présentant l'avocat Michael Cohen (à gauche) et le président Donald Trump (à droite)MARK WILSON, NICHOLAS KAMM

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Russie

Dans une déclaration extrêmement rare, le procureur spécial Robert Mueller en charge de l'enquête russe a qualifié vendredi d'"inexactes" des informations de presse selon lesquelles Donald Trump aurait ordonné à son ancien avocat personnel de mentir au Congrès.

Jeudi soir, le site d'information BuzzFeed News a affirmé, en s'appuyant sur deux sources policières fédérales anonymes, que Donald Trump avait demandé à Michael Cohen de mentir lors de son audition au Congrès en 2017 à propos de discussions sur un projet immobilier en Russie.

"La description par Buzzfeed de certaines déclarations auprès du bureau du procureur spécial, et la caractérisation de documents et de témoignages obtenus par ce bureau, concernant le témoignage de Michael Cohen devant le Congrès sont inexactes", a indiqué le porte-parole de M. Mueller.

Donald Trump a immédiatement retweeté une capture d'écran de Fox News mentionnant la mise au point du procureur Mueller.

"Nous maintenons (notre confiance) dans notre enquête et les sources qui l'ont alimentée, et nous incitons le procureur spécial à clarifier ce qu'il conteste", a déclaré Ben Smith, rédacteur en chef de BuzzFeed, sur Twitter.

La déclaration de l'équipe de M. Mueller a été saluée sur Twitter par Donald Trump. Après avoir retweeté plusieurs réactions critiquant Buzzfeed, il a écrit: "Un jour très triste pour le journalisme, mais un grand jour pour notre Pays!"

L'accusation du site d'information, qui n'est pas confirmée par d'autres médias, est grave. Selon BuzzFeed, il s'agit du premier exemple de M. Trump demandant à un subordonné de mentir directement sur ses affaires avec la Russie.

Dans la journée, l'opposition démocrate avait immédiatement promis d'enquêter.

"Ces allégations pourraient se révéler infondées, mais si elles s'avéraient exactes, elles représenteraient une incitation au parjure et une obstruction à la justice", avait déclaré Adam Schiff, président démocrate de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, en s'engageant à "suivre les preuves où qu'elles nous mènent".

Donald Trump avait rappelé plus tôt dans la journée dans un tweet laconique que son ancien avocat avait été condamné pour parjure et fraude. "Il ment pour réduire sa peine de prison", avait-il de nouveau affirmé.

Son avocat personnel Rudy Giuliani s'était montré plus direct: suggérer que "le président a conseillé à son ancien avocat de mentir est catégoriquement faux", avait-il indiqué dans une déclaration citée par les médias américains.

"C'est encore une de ces accusations ridicules sans fondement ni crédibilité", avait dit Hogan Gidley, porte-parole adjoint de la Maison Blanche, sur Fox News.

Michael Cohen, qui a pour habitude de confirmer ou d'infirmer sur Twitter les informations de presse le concernant, n'a cette fois pas réagi. Son avocat Lanny Davis a fait savoir qu'il ne répondrait à aucune question sur ce sujet.

- Destitution -

M. Cohen, tombé en disgrâce aux yeux du président dont il fut pourtant l'un des plus proches collaborateurs, avait déjà reconnu avoir menti au Congrès au sujet d'un projet immobilier de Donald Trump à Moscou.

La question soulevée par la publication de Buzzfeed est de savoir s'il l'a fait de son propre chef, ou non.

M. Cohen doit de nouveau témoigner le 7 février au Congrès, devant une commission de la Chambre des représentants, désormais aux mains des démocrates.

S'il confirmait, sous serment, les révélations de BuzzFeed, ces accusations seraient explosives et ouvriraient la porte à une possible procédure de destitution.

Cet "impeachment" devrait être confirmé par un vote du Sénat, contrôlé par les républicains, le parti de M. Trump.

La présidence de Donald Trump est sous la menace de l'enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller pour déterminer notamment s'il y a eu collusion entre la campagne du milliardaire et la Russie en 2016. Dans ce cadre, le procureur cherche en particulier à savoir si les liens d'affaires entre Donald Trump et Moscou ont pu avoir une influence sur la campagne.

En 2015, le magnat de l'immobilier avait relancé un vieux rêve: construire une tour Trump de 100 étages à Moscou. Michael Cohen avait d'abord déclaré devant le Congrès que les discussions sur ce projet avaient pris fin début 2016. Puis il avait reconnu avoir menti puisque celles-ci se sont poursuivies jusqu'en juin, après la victoire de Donald Trump aux primaires républicaines.

Ancien avocat et homme de confiance du milliardaire républicain, Michael Cohen a accepté de coopérer avec la justice car le procureur Mueller avait débusqué plusieurs de ces malversations.

Dans ce cadre, il a été condamné en décembre à 3 ans de prison, une peine qu'il devrait commencer à purger dans les prochaines semaines.

La justice a estimé que celui qui fit partie pendant dix ans du cercle rapproché du magnat de l'immobilier avant de se retourner contre lui, avait violé la loi sur le financement des campagnes électorales et qu'il avait agi "sous la direction" de Donald Trump.

Des accusations balayées d'un revers de main par le président, qui assure n'avoir jamais demandé à son ancien avocat d'enfreindre la loi.

 

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