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Tuerie de la Préfecture de police: la vie scrutée des agents habilités "secret défense"

Tuerie de la Préfecture de police: la vie scrutée des agents habilités
© Image Belga

Avant d'intégrer la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), l'auteur de l'attaque mortelle au couteau jeudi s'est soumis à un "criblage" de sa vie privée censé garantir la probité requise pour avoir accès à des données sensibles.

Mickaël H., qui occupait depuis 2003 un poste de technicien informatique à la DRPP, "était habilité au secret défense" et était "en règle avec les obligations inhérentes à ce type d'habilitation", a assuré vendredi le préfet de police Didier Lallement.

L'habilitation "secret défense" permet l'accès "aux informations et supports dont la divulgation est de nature à nuire gravement à la défense nationale", explique sur son site le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).

"C'était indispensable qu'il soit habilité 'secret défense'. En tant qu'informaticien, il était censé avoir accès à tout ou partie des données les plus confidentielles", souligne Eric Dénécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R).

Cette habilitation, accordée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour les agents relevant du ministère de l'Intérieur, s'obtient après un scrupuleux passage au tamis de la vie du candidat.


Casier judiciaire et activités politiques scrutées

Le futur agent doit d'abord remplir un dossier avec notamment "toute une série d'informations sur son parcours, les pays qu'il a visités, mais aussi sur ses parents, ses frères et soeurs, ses cousins, ses oncles", énumère M. Dénécé.

De son côté, la DGSI consulte son casier judiciaire, scrute ses activités politiques, liste les sociétés dont il est mandataire et le nombre de ses comptes en banque, vérifie ses diplômes et adresses, voire mène une enquête de voisinage, incluant les employeurs, développe le chercheur.

Les services peuvent également demander les "factures téléphoniques détaillées", exploiter ses "recherches électroniques" ou éplucher "la liste de ses amis sur les réseaux sociaux", selon M. Dénécé. L'intrusion dans la vie privée peut même aller, selon la confidentialité du poste, jusqu'à "une mise sous surveillance" ou des "filatures", ajoute-t-il.


Des éléments attestant d'une radicalisation ont été retrouvés

L'enquête, aussi poussée soit-elle, n'est pas infaillible, notamment durant la période qui s'écoule entre deux renouvellements d'habilitation, d'une durée variable selon les missions et le niveau de classification de l'agent.

"Si l'individu a une vie dissimulée, qu'il se soit converti à l'islam (comme c'est le cas de Michael H., ndlr) ou devenu membre d'une structure clandestine d'extrême gauche, ça ne sera pas détecté", convient Eric Dénécé.

Ainsi selon des sources proches de l'enquête, des éléments attestant d'une radicalisation ont été retrouvés dans le téléphone portable de l'assaillant. Certaines de ses fréquentations "appartenant à la mouvance salafiste", intriguent également les enquêteurs, selon des sources concordantes. L'ensemble de ces éléments ont conduit le parquet antiterroriste à se saisir de l'enquête vendredi.

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