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Un abbé intégriste condamné à 19 ans de réclusion en appel pour viols sur des enseignantes

Un abbé intégriste condamné à 19 ans de réclusion en appel pour viols sur des enseignantes
LOIC VENANCE
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Un abbé intégriste qui comparaissait en appel depuis mardi à huis clos à Nanterre pour viols aggravés sur trois enseignantes, dont certains assortis d'actes de torture, a été condamné vendredi à 19 ans de réclusion criminelle, contre 16 en première instance.

Le ministère public avait requis 20 ans.

Comme en première instance, la cour a assorti cette peine d'un suivi socio-judiciaire pendant six ans et d'une injonction de soins pour ses "problèmes de déviance sexuelle". Christophe Roisnel, 44 ans, sera par ailleurs inscrit au fichier des délinquants sexuels.

Impassible à l'énoncé du verdict, l'homme avait été mis en examen et écroué en avril 2014 pour des actes commis en 2010 au sein de l'école qu'il dirigeait, Notre-Dame de la Sablonnière, à Goussonville (Yvelines, un établissement proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

D'autres faits s'étaient déroulés à Villette (Yvelines), ainsi qu'au domicile des parents du religieux, dans la Manche, selon une source proche du dossier.

Les victimes, toutes trois enseignantes, l'accusaient d'avoir usé de son ascendant psychologique pour parvenir à ses fins : il évoquait avec elles des agressions sexuelles, réelles ou inventées, que celles-ci auraient subies par le passé et leur faisait revivre ces épisodes traumatiques pour, disait-il, qu'elles puissent les dépasser.

Leur avocat François Souchon, interrogé par l'AFP, a qualifié la peine infligée de "juste". "On a eu plus de vérité à cette audience d'appel" qui a eu "des vertus bénéfiques et salvatrices pour toutes les parties", selon lui.

La cour a estimé, comme en première instance, que l'abbé avait abusé de l'autorité que lui conférait son statut d'ecclésiastique.

Le religieux, qui comparaissait détenu, n'avait cependant été condamné en mai 2017 que pour viols et non pour actes de torture.

Il a aussi été condamné cette fois pour avoir violé l'une des victimes à l'aide de ciseaux, d'aiguilles à tricoter, de manches à balai et d'autres ustensiles (brosse à dent, pinceau, gant de crin...) et l'avoir flagellée avec sa chemise.

Christophe Roisnel a cette fois encore été jugé à huis clos à la demande des parties civiles (BIEN: des parties civiles). Il a cinq jours pour se pourvoir éventuellement en cassation.

Ses avocats n'ont pas souhaité s'exprimer.

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est une communauté intégriste proche des milieux d'extrême droite, fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre. Elle ne reconnaît pas le Concile Vatican II (1962-1965) qui a, selon elle, rompu avec la tradition. Elle compte près de 600 prêtres dans une soixantaine de pays dans le monde, dont 150 en France.

L'abbé Roisnel avait été écarté de ses fonctions de directeur d'école en 2011 par les autorités ecclésiastiques après que les trois femmes s'étaient plaintes de ses agissements. Il avait alors été envoyé dans un couvent de capucins dans la région lyonnaise, puis muté dans une école de garçons.

Mais, selon une source proche du dossier, il avait tenté de faire pression sur les enseignantes pour qu'elles se rétractent et celles-ci avaient alors déposé plainte pénalement en 2013.

Seules deux des trois victimes s'étaient constituées parties civiles: une institutrice de 38 ans, que l'accusé dirigeait au sein de l'école, et une amie de celle-ci, enseignante dans un autre établissement, âgée de 32 ans.

Un procès canonique devrait avoir lieu dans les mois qui viennent: l'abbé pourrait alors être "réduit à l'état laïc" (renvoyé de l'état clérical), selon une source proche du dossier.

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