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Un ancien otage de l'EI menacé de mort sur Twitter après avoir signalé le compte du père d'une victime du Bataclan

Un ancien otage de l'EI menacé de mort sur Twitter après avoir signalé le compte du père d'une victime du Bataclan
© Isopix & Twitter

Un ancien otage français, détenu pendant 10 mois en Syrie par l'organisation terroriste État islamique EI, a porté plainte pour harcèlement, après avoir signalé le compte Twitter du père d'une victime du Bataclan qui appelait à fusiller les djihadistes à leur retour en France, a annoncé mardi son avocat.

L'ex-reporter Nicolas Hénin, qui a adressé lundi au parquet de Paris une plainte contre X pour menaces, menaces de morts et harcèlement moral en ligne, est la cible d'un "déferlement" de menaces et d'insultes, selon son conseil. "J'appelle à ce que vous vous fassiez égorger", "c'est lui qui mérite l'exécution", "on aurait dû te laisser crever chez Daech" sont quelques uns des 18.000 tweets reçus en une semaine par le journaliste, désormais spécialisé dans le conseil sur la lutte contre le terrorisme et la radicalisation islamiste.

Ces menaces sont apparues après qu'il a signalé, le 30 janvier, à Twitter et à la plateforme Pharos (chargée de la lutte contre les contenus illicites sur internet) des tweets publiés ce jour-là par le père d'une victime des attentats du 13-Novembre à Paris (130 morts au total), assassinée dans la salle de concert du Bataclan.

Évoquant le possible retour de plusieurs dizaines de djihadistes français détenus par les Kurdes dans le nord de la Syrie, l'homme réclamait qu'ils soient "fusillés" ainsi que leurs enfants. Twitter a fini par bloquer son compte, déclenchant une vague de fureur sur le réseau et le soutien notamment de plusieurs figures du Rassemblement national (ex-Front national).

Joint par l'AFP, Nicolas Hénin a indiqué que c'est "l'extrême virulence", "la dimension hors-norme de cette vague d'une abjection sans nom" qui l'a incité à porter plainte.

Pour des menaces de mort en ligne, un phénomène en expansion, trois hommes avaient été condamnés en juillet 2018 à six mois de prison avec sursis pour le cyberharcèlement d'une journaliste de radio française, Nadia Daam.

L'ex-otage français doit témoigner jeudi devant la cour d'assises de Bruxelles dans le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique. Le principal accusé, Mehdi Nemmouche, aurait été le geôlier du journaliste lorsque ce dernier était retenu à l'hôpital ophtalmologique d'Alep, transformé en prison par le groupe État islamique (EI).

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