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Des journalistes pris à partie portent plainte: un jeune pigiste diffuse une vidéo de son agression et remercie les "vrais gilets jaunes"

Des journalistes pris à partie portent plainte: un jeune pigiste diffuse une vidéo de  son agression et remercie les

Franck Paillanave, pigiste pour un média local, C'est l'info, a annoncé dimanche qu'il allait porter plainte après avoir reçu un coup de pied lors d'une manifestation de "gilets jaunes" la veille à Pau.

M. Paillanave, 23 ans, a indiqué à l'AFP qu'il allait porter plainte lundi et faire constater sa blessure auprès d'un médecin. "On était en train de réaliser un direct pour C'est l'info, média local sur internet. Jusqu'à 21h30, tout s'est très bien passé. On était à distance pour éviter les problèmes", a-t-il relaté.

"On s'est fait rattraper par la manifestation et c'est là qu'une dizaine de personnes nous ont entourés, dont une assez hostile verbalement" envers les journalistes, a poursuivi M. Paillanave, précisant que ces dernières le prenaient pour un reporter de BFM. "J'ai voulu faire un peu barrage à cet individu sur ma droite quand sur ma gauche, une personne a pris de l'élan et m'a donné un coup de pied sur le haut de ma jambe. A ce moment-là, ce que j'appelle les vrais 'gilets jaunes' pacifistes sont arrivés pour voir si tout allait bien, l'individu est parti", a-t-il dit.

Le jeune homme a repris le direct avant de l'interrompre quelques minutes après car, explique-t-il, il "n'arrivait plus à suivre".

Un tweet a été intégré à cet endroit.
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Dans un tweet avec une courte vidéo qui a capté l'instant du coup, il a lancé un appel pour faire reconnaître le "gilet jaune" qui l'a frappé, "j'aimerais remercier néanmoins les autres #GiletsJaunes (les vrais) qui sont vite intervenus pour nous aider", a-t-il écrit.

Samedi, environ 2.500 personnes ont participé à une manifestation dans le centre de Pau avant que n'éclatent quelques heurts entre manifestants et forces de l'ordre en fin de soirée.


Menaces de viol sur une journaliste à Toulouse

Une journaliste pigiste de la Dépêche du Midi a porté plainte dimanche à Toulouse après avoir été prise à partie la veille par des "gilets jaunes", qui ont notamment menacé de la violer, a annoncé dimanche ce groupe de presse.

La plainte a été déposée au commissariat central pour "dégradations volontaires", les agresseurs de la journaliste, âgée de 31 ans, ayant endommagé la voiture siglée "Dépêche du Midi" où elle se trouvait, précisait un article sur le site internet du groupe.

La journaliste, qui y est citée, explique avoir été cernée par plusieurs individus cagoulés et certains vêtus d'un gilet jaune alors qu'elle sortait en voiture d'un parking souterrain après la manifestation de samedi, qui a réuni au moins 6.000 personnes dans le centre de Toulouse, selon la préfecture. "J'ai été bloquée par plusieurs individus qui m'ont menacée. 'On va te niquer, tu es la catin de la préfecture...'", a-t-elle raconté.

"Cela a duré environ 4 à 5 minutes, interminables. Ils voulaient que j'ouvre ma vitre. Je leur ai dit que ce n'était pas possible, en leur signifiant que je devais récupérer mon enfant. Un homme m'a dit sur le ton de la menace, 'tu as deux secondes pour t'en aller !'"

"Une horde de 'GiletsJaunes' se défoule sur UNE journaliste de @ladepechedumidi SEULE dans sa voiture. 'On va te sortir et te violer'. Elle a pu leur échapper grâce à l'aide 2 GJ", avait tweeté samedi le rédacteur en chef adjoint du quotidien, Lionel Laparade.

Le secrétaire général de l'ONG Reporters sans frontières, Christophe Deloire, a lancé dimanche "un cri d'alarme" après la multiplication des menaces et agressions contre les journalistes à travers toute la France lors de manifestations de "gilets jaunes".

Dans le sud-ouest, ces violences ont déjà visé huit journalistes de médias nationaux et locaux, à Toulouse, Perpignan et près de la frontière franco-espagnole, suscitant des dépôts de plaintes.

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