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Un maire normand utilise l'église du village pour son élection malgré le refus catégorique du curé

Un maire normand utilise l'église du village pour son élection malgré le refus catégorique du curé
© Google Street View Emiéville

Le maire d'un village normand a été élu par son conseil municipal réuni dans l'église de la commune, "une utilisation manifestement illégale" du lieu de culte, a estimé mardi l'évêché.

"Ma salle de conseil municipal ne permettait pas le respect des gestes barrières (face au Covid-19, ndlr). Comme on a une église, qu'on entretient depuis la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905, qui sert quatre, cinq fois par an et fait 300 m2, l'idée c'était de faire ça là-bas", a expliqué à l'AFP Stéphane Amilcar, maire sans étiquette d'Emiéville, une commune de 650 habitants proche de Caen.

Le curé de la paroisse, puis le sous-préfet, "au téléphone pendant 40 minutes", ont essayé de dissuader le maire, explique ce dernier. Mais "j'ai campé sur mes positions", explique l'élu, qui se dit "athée à 300%".

"Je trouve ça inadmissible. On est propriétaire: on paye l'eau, l'électricité, les fonciers et on m'interdit de rentrer chez moi, en gros", poursuit cet ancien salarié de PSA et maire depuis 2014.

Mardi matin, le diocèse a dénoncé dans un communiqué une "utilisation manifestement illégale". "L'évêché en a référé à monsieur le préfet", ajoute-t-il. "Personne n'a le droit d'utiliser une église pour organiser une réunion à caractère non cultuel, selon la loi, sans l'autorisation du curé", affirme le père Laurent Berthout dans le communiqué.

"Même si la commune est propriétaire de l'église, c'est le curé qui en est affectataire", ajoute-t-il.

Interrogée par l'AFP, la préfecture du Calvados a indiqué que le maire ne l'avait pas informée que la réunion du conseil municipal n'aurait pas lieu en mairie. Il n'a ainsi pas respecté l'article 9 de l'ordonnance du 13 mars 2020. Ce texte prévoit que dans le contexte sanitaire actuel, ces réunions peuvent avoir lieu ailleurs qu'en mairie.

"On va regarder si c'est une formalité substantielle. Si c'est le cas, il va reprendre son élection, et s'il ne souhaite pas le faire, nous allons demander au juge de le prononcer. Si ce ne l'est pas, dont acte, élection tenue", a poursuivi la préfecture.

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