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Un rap "de l'extrême-droite musulmane" lié au film La Marche? Les producteurs s'expliquent (vidéo)

 
 

La rédaction de Charlie Hebdo a fait part lundi de son "effarement" en découvrant la "violence" à son égard des paroles d'une chanson présentée comme faisant partie de la BO du film "La Marche", sur les écrans mercredi, qui dans un couplet "réclame un autodafé contre ces chiens" du journal satirique. Le producteur du film a expliqué être pour la liberté d'expression tant de Charlie Hebdo que des rappeurs auteurs de cette chanson polémique.

La chanson incriminée a été composée et est interprétée par une dizaine de rappeurs renommés, dont Akhenaton, Disiz, Kool Shen et Nekfeu. Dans le 7e couplet qu'il interprète, Nekfeu chante notamment: "D't'façon y'a pas plus ringard que le raciste / Ces théoristes veulent faire taire l'islam / Quel est le vrai danger: le terrorisme ou le taylorisme? / Les miens se lèvent tôt, j'ai vu mes potos taffer / Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo".

"Des propos de l'extrême droite musulmane"

"Charlie Hebdo découvre avec effarement la violence des paroles de la bande originale du film +La Marche+ à son encontre. Ainsi, la chanson 'Marche' (...) reprend les propos que tient habituellement l'extrême droite musulmane lorsqu'elle évoque notre journal", estime Charlie Hebdo dans un communiqué signé de "la rédaction". "S'il leur manque un couplet, nous précisons aux auteurs de la chanson que le journal numérique Inspire, édité par Al-Qaïda, a condamné à mort Charb en mars dernier", ajoute le communiqué de Charlie Hebdo. "Nous avons l'habitude de ces appels à la haine, de nous faire traiter de 'chiens' d'infidèles."

 

Etonnant pour un film antiraciste

"Nous sommes juste très surpris que le réalisateur (ndlr: Nabil ben Yadir) d'un film clairement antiraciste, qui rend hommage à un événement majeur dans l'histoire de la lutte pour l'égalité des droits, ait choisi de l'illustrer par une chanson en totale opposition avec son oeuvre", conclut Charlie Hebdo. "Pas de plainte, ni de demande particulière. J'aimerais simplement que la production m'explique le rapport entre une marche antiraciste et fraternelle en 1983 et un chant religieux communautariste qui appelle à brûler un journal satirique antiraciste en 2013", a déclaré à l'AFP Charb, le directeur de Charlie Hebdo.

La chanson ne fait pas partie de la BO

La chanson ne fait partie de la BO du film "La Marche", mais a été réalisée avec l'accord et le soutien du producteur du long métrage Hugo Sélignac, a indiqué ce dernier lundi à l'AFP en réaction au communiqué du journal satirique. Diffusée sur internet depuis vendredi, la chanson controversée est en effet présentée sur de nombreux sites comme BO du film. Mais elle est en fait un projet parallèle monté par le rappeur Kore et le producteur du film à l'occasion des 30 ans de la Marche antiraciste de 1983.

Le producteur du film s’explique

Selon le producteur du film, tous les droits de la chanson seront reversés à une association contre le racisme de Vénissieux (Rhône). "J'ai apporté mon soutien à cette chanson qui n'a jamais été prévue pour la BO du film. J'ai prêté des éléments sonores du film qui ont été intégrés à la chanson et j'ai donné mon accord pour que la typographie de la pochette et de l'affiche du film soit la même. Je n'avais pas à valider les paroles", a expliqué Hugo Sélignac. "Je suis pour la liberté d'expression de tous, celles des rappeurs comme celle de Charlie Hebdo", a-t-il ajouté.

Le producteur de la chanson réagit aussi
 
Joint également par l'AFP, le producteur de la chanson a également défendu "la liberté d'expression" des rappeurs qui ont participé à la chanson. "Je comprends parfaitement que Charlie Hebdo s'offusque, mais ce n'est pas cette réaction que j'attends d'eux. Réagir comme ils le font, c'est jouer le jeu des extrêmes", a estimé Kore.

Rappel

Avec Jamel Debbouze à l'affiche, le film "La Marche", produit et distribué par EuropaCorp, s'inspire de l'histoire vraie d'une poignée d'enfants d'immigrés qui ont marché de Marseille à Paris en 1983 contre le racisme. Le 2 novembre 2011, le siège de Charlie Hebdo avait été détruit par un incendie criminel, le jour où il publiait à la une caricature de Mahomet.


 




 

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