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Un Suédois va diriger le laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry

Un Suédois va diriger le laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry
Photo prise le 27 juin 2008, à l'entrée du département des analyses de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFDL) à Châtenay-MalabryJOEL SAGET

Le Suédois Magnus Ericsson, qui dirigeait le laboratoire antidopage de Stockholm, va prendre lundi la tête du laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry, avec les Jeux olympiques de Paris 2024 en ligne de mire.

Agé de 48 ans, Magnus Ericsson succède au professeur Michel Audran, qui prend sa retraite à 71 ans.

C'est la première fois que ce laboratoire ne sera pas dirigé par un Français.

Désigné le 13 juin par le collège de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), le Suédois aura la charge de conduire le laboratoire français jusqu'aux Jeux olympiques de Paris-2024, avec la Coupe du monde de rugby également organisée en France un an plus tôt.

D'ici là, il devra mener un chantier délicat, celui du déméngament du laboratoire, situé dans un ancien gymnase réhabilité à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), vers des locaux plus modernes sur le campus d'Orsay de l'Université Paris-Sud.

Le laboratoire français doit investir ses nouveaux locaux au cours du premier semestre 2023, grâce au financement de l'Etat. Mais la région Ile-de-France, qui veut récupérer ses locaux de Châtenay-Malabry dès le 1er janvier 2020, demande son départ dès la fin de l'année et propose que le laboratoire aille s'installer sur un autre site, sur le Génopole d'Evry. Une solution peu envisageable pour l'AFLD, qui craint un déménagement précipité dans des locaux moins adaptés que ceux d'Orsay, et qui tient au rattachement à Paris-Sud.

Formé à l'université de Stockholm, spécialiste en chimie, Magnus Ericsson jouit d'une bonne réputation dans la communauté mondiale de l'antidopage. "Il a contribué à redresser le laboratoire de Stockholm, qui avait perdu du crédit", a indiqué un acteur du secteur à l'AFP, sous couvert d'anonymat.

Fleuron français à l'origine de la première méthode de détection de l'EPO en 2000, le labo de Châtenay avait ensuite perdu du crédit par rapport à certains de ses homologues européens. Mais l'arrivée de Michel Audran, spécialiste du dopage sanguin, début 2017, a permis de redresser la barre.

Le laboratoire a notamment perfectionné la méthode de recherche des micro-doses d'EPO, permettant d'augmenter la fenêtre de détection (de 24 à 48h), mais ces élements doivent encore être validés par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Le labo a quand même subi un coup dur en septembre 2017, quand l'AMA a suspendu son accréditation à cause d'une contamination accidentelle d'échantillons aux stéroïdes prélevés sur des bodybuilders ultra-dopés. Cette suspension a été levée dès le mois de décembre 2017.

Le laboratoire a réalisé près de 13.000 analyses d'échantillons en 2018.

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