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Un tiers de l'écart salarial hommes-femmes reste "inexpliqué", pour la Dares

Un tiers de l'écart salarial hommes-femmes reste
Plus d'un tiers de l'écart salarial entre hommes et femmes, évalué au total à 24% en France, reste "inexpliqué", selon une compilation d'études présentée mardi par la DaresJohannes Eisele

Plus d'un tiers de l'écart salarial entre hommes et femmes, évalué au total à 24% en France, reste "inexpliqué", selon une compilation d'études présentée mardi par la Dares lors des Rendez-vous de Grenelle organisés au ministère du Travail.

Sur les 24% d'écart salarial, 7 points résultent du temps partiel, qui concerne en large majorité les femmes, 3 points s'expliquent par le fait que les femmes occupent en moyenne des postes moins qualifiés que les hommes, 3 points par la surreprésentation des femmes dans des secteurs d'activité moins rémunérés, 1 point par des écarts d'expérience et entre 1 et 3 points par d'autres facteurs, selon la Dares, service des statistiques du ministère.

A l'inverse, les femmes sont globalement avantagées, à hauteur de 1,5 point, par un niveau d'études en moyenne plus élevé.

In fine, redressé de tous ces facteurs, un écart de salaires situé entre 8% et 10% subsiste.

C'est à cet écart "inexpliqué", selon les termes de la Dares, que la ministre du Travail Muriel Pénicaud entend s'attaquer en priorité. Le projet de loi "avenir professionnel", examiné à l'Assemblée nationale, donne trois ans aux entreprises de 50 salariés et plus pour le résorber, sous peine de se voir infliger une "pénalité financière" pouvant aller jusqu'à 1% de leur masse salariale. Ces entreprises devront, en outre, publier leurs "écarts de rémunération" tous les ans.

Monika Queisser, directrice de la division Politiques sociales de l'OCDE, a insisté, lors des Rendez-vous de Grenelle, sur l'impact des enfants sur les écarts de salaires. Elle a cité une étude de l'OCDE montrant que la naissance d'un enfant provoque, en moyenne, une baisse du temps de travail rémunéré des femmes et une hausse de leur temps de travail domestique à la maison. L'effet est en moyenne inverse chez les hommes.

Mme Queisser a aussi évoqué l'importance du congé parental, que les pères prennent très peu. Selon elle, il est "tellement mal rémunéré" en France qu'on "ne peut pas se permettre de le prendre, sauf si on a de l'argent".

Outre les écarts de salaires, Selma Mahfouz, directrice de la Dares, a, quant à elle, pointé du doigt une participation des femmes au marché du travail "clairement inférieure à celle des hommes". "Et cet écart ne semble pas se réduire sur les années récentes", a-t-elle observé.

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