En ce moment
 

Volontariat et numéro d'urgence unique, priorités du nouveau président des pompiers

Volontariat et numéro d'urgence unique, priorités du nouveau président des pompiers
Renforcer le volontariat des pompiers et aller vers le numéro d'urgence unique 112, comme le gouvernement s'y est engagé, sont les priorités du nouveau président de la Fédération nationale des sapeurZAKARIA ABDELKAFI

Renforcer le volontariat des pompiers et aller vers le numéro d'urgence unique 112, comme le gouvernement s'y est engagé, sont les priorités du nouveau président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), Grégory Allione, tout juste élu pour trois ans.

"La priorité numéro un est de faire un choix politique clair: préserver le volontariat des pompiers", base du système français (80% des pompiers sont volontaires) et sa nature d'"engagement citoyen altruiste", explique à l'AFP M. Allione, qui prendra ses fonctions le 12 octobre.

La FNSPF, qui regroupe les 247.000 pompiers actifs (volontaires, professionnels et militaires), attend du gouvernement qu'il s'engage fermement pour exclure le volontariat pompier de la directive européenne de 2003 sur le temps de travail, qui menace selon elle, l'ensemble du système de secours français.

Présents jusque dans les campagnes les plus reculées, les pompiers volontaires effectuent leurs missions en plus de leurs activités professionnelles. Or si ces interventions sont considérées comme du travail, certains pourraient dépasser les limites du temps de travail autorisé, et donc décider de quitter les pompiers, souligne la FNSPF.

En clôturant samedi le congrès des sapeurs-pompiers à Bourg-en-Bresse (Ain), le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb - démissionnaire depuis - a estimé que la France devait "prendre une initiative" au niveau européen.

"On est rassuré. Mais on est vigilant tant que rien n'est fait, et nous serons attentif à ce que le successeur de M. Collomb continue à développer la ligne gouvernementale tracée samedi", souligne M. Allione, 47 ans, directeur des Services de secours et d'incendie (SDIS) des Bouches-du-Rhône.

"Le monde a changé depuis 2003", souligne-t-il. Et aujourd'hui, "le réchauffement climatique, les catastrophes naturelles" plus fréquentes et la menace des attentats "exigent" des mobilisations très rapides des secours et forces de sécurité, et donc des volontaires nombreux et disponibles.

S'il se félicite du plan de 37 mesures annoncé samedi pour renforcer le volontariat, M. Allione appelle de ses vœux une mobilisation des maires et départements et du ministère de l'Intérieur pour "assurer le suivi" de ces décisions (simplification, diversification du recrutement vers le secours d'urgence aux personnes, bonifications retraite...)

- Gestes qui sauvent -

Il compte "continuer à renforcer la sécurité des sapeurs-pompiers, que ce soit contre les agressions ou les fumées toxiques".

La sécurité des pompiers en intervention est revenue sur le devant de la scène le 4 septembre dernier avec la mort d'un des leurs, poignardé dans le Val-de-Marne par la personne qu'il était venue secourir, une première depuis près de dix ans en France.

Les agressions contre les pompiers ont augmenté ces dernières années, même si elles restent relativement rares: 2.280 en 2016, soit 17,6% de plus qu'en 2015, sur 4,5 millions d'interventions, selon le ministère de l'Intérieur.

Les problèmes psychiatriques de l'agresseur du 4 septembre étaient connus des services médicaux, mais pas des pompiers, qui s'ils en avaient été informés en amont, auraient pu demander à être accompagnés de policiers.

Pour éviter ce genre de hiatus, M. Allione espère faire avancer une autre revendication de longue date de la FNSPF: l'instauration d'un numéro unique (le 112) pour centraliser l'ensemble des appels d'urgence, aujourd'hui éclatés entre Samu (15), police (17), pompiers (18), 112 ou 114. Emmanuel Macron s'est prononcé pour ce numéro unique, mais aucune date de mise en œuvre n'a été arrêtée.

M. Allione réclame également une évolution de règles de régulation médicale pour accorder aux pompiers, de plus en plus sollicités pour le secours d'urgence à personnes (84% de leurs interventions, souvent seuls), plus de responsabilités dans le traitement et l'orientation des personnes secourues.

La FNSPF se félicite que le gouvernement ait réaffirmé l'objectif de former tous les élèves de troisième aux gestes de premiers secours d'ici 2022, et à terme "80% de la population française", contre 30% actuellement, loin derrière les pays scandinaves, l'Allemagne ou le Canada.

Les pompiers, qui dispensent régulièrement ces formations et disposent de près de 7.000 casernes pour le faire, "sont prêts à prendre toute leur part pour atteindre ces objectifs", conclut M. Allione.

Vos commentaires