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"#Assez" ou "#encore" ? La guerre entre pro et anti-Erdogan fait rage sur Twitter

Les internautes turcs se livrent une lutte impitoyable à coups de mots-clés sur Twitter pour exprimer leur soutien ou leur ras-le-bol du président Recep Tayyip ErdoganNICOLAS ASFOURI
Internet

Les internautes turcs se livraient mercredi une lutte impitoyable à coups de mots-clés sur Twitter pour exprimer leur soutien ou leur ras-le-bol du président Recep Tayyip Erdogan, en pleine campagne pour sa réélection en juin.

Signe de l'ampleur prise par cette bataille numérique, où les opposants de M. Erdogan ont pour l'instant l'avantage, le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdag a affirmé mercredi que le gagnant des élections anticipées du 24 juin sortirait "des urnes, pas de Twitter".

Depuis mardi, des anti-Erdogan se fédèrent sous la bannière du mot "tamam" ("ça suffit" ou "assez", en turc), tweeté plus d'un million de fois mardi et qui continuait mercredi de dominer les tendances Twitter en Turquie.

Cette fronde numérique est partie du détournement d'un discours de M. Erdogan mardi dans lequel il affirmait qu'il se retirerait si la nation lui disait "tamam".

Mais les partisans du président turc, qui dirige le pays depuis 15 ans et pourrait rester au pouvoir encore 10 ans aux termes d'une révision constitutionnelle passée l'an dernier, ont sonné la contre-attaque en se fédérant autour du mot "devam" ("encore", "continue", en turc).

Irrités par la multiplication des tweets "tamam", les dirigeants et médias pro-gouvernementaux crient à l'artifice et au complot.

"Les tentatives de manipulations sur les réseaux sociaux ne mèneront nulle part, ce sont de vains efforts", a commenté mercredi le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin. "Nous verrons quelle décision prendra la nation le 24 juin. Nous prévoyons que ce sera +devam+".

Plusieurs journaux gouvernementaux s'efforçaient de leur côté d'établir un lien entre les tweets "tamam" et le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau de la tentative de putsch du 15 juillet 2016, ce que nie l'intéressé.

La Turquie tient le 24 juin des élections présidentielle et législatives anticipées, initialement prévues en novembre 2019. Ce double scrutin marquera l'entrée de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat validées part référendum l'an dernier.

Lors de la campagne pour ce référendum, qui s'est tenu en avril 2017, les opposants de M. Erdogan s'étaient déjà mobilisés sur les réseaux sociaux autour du mot "hayir" ("non").

Twitter et Facebook sont des terrains de campagne exploités à fond par l'opposition en Turquie, en raison notamment du peu de couverture que leur consacrent les médias grand public par rapport à M. Erdogan donc chaque discours est intégralement retransmis.

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